Le yen a franchi la barre des 161,80 face au dollar, s'approchant d'un plus bas de deux ans et plaçant le seuil d'intervention de la Banque du Japon sous les projecteurs.
Le yen a franchi la barre des 161,80 face au dollar, s'approchant d'un plus bas de deux ans et plaçant le seuil d'intervention de la Banque du Japon sous les projecteurs.

Le yen a cédé 0,57 % à 161,81 pour un dollar lors des échanges à New York jeudi, s'approchant du pic de 161,95 de juillet 2024 et relançant les spéculations sur une intervention de la Banque du Japon (BoJ).
Les responsables japonais ont précédemment averti qu'ils surveillaient les mouvements de change avec « un grand sentiment d'urgence », un langage historiquement utilisé avant une intervention, selon les déclarations passées du ministère des Finances. La BoJ et le ministère des Finances ont déjà montré qu'ils intervenaient lorsque le yen s'affaiblit rapidement.
La paire dollar-yen a touché un plus bas intraday de 160,48 avant d'inverser la tendance à la hausse lors de la séance new-yorkaise. L'euro a gagné 0,2 % face au yen à 185,09, tandis que la livre sterling a cédé 0,11 % à 213,244. Le mouvement vers 162 représente un test du sommet de juillet 2024 à 161,95.
La poursuite de la dépréciation du yen risque de déclencher une intervention de la BoJ, ce qui pourrait provoquer une volatilité soudaine sur les marchés des changes et se répercuter sur les actifs à risque. Cette faiblesse soulève également des inquiétudes concernant l'inflation importée au Japon, faisant pression sur la banque centrale pour qu'elle envisage de nouvelles hausses de taux lors de sa prochaine réunion de politique monétaire.
La vigueur du dollar face au yen reflète l'écart de taux d'intérêt persistant entre les États-Unis et le Japon. Alors que la Réserve fédérale a maintenu des taux élevés, le cycle de resserrement progressif de la BoJ a fait peu pour réduire le différentiel, maintenant les flux de carry trade en faveur du dollar. La divergence des trajectoires de politique monétaire a été le principal moteur du déclin du yen au cours des deux dernières années.
Les traders surveillent désormais d'éventuelles interventions verbales des responsables japonais. Le plus haut diplomate monétaire du ministère des Finances a précédemment qualifié les récents mouvements du yen de « spéculatifs » et « non alignés sur les fondamentaux », suggérant que le gouvernement est prêt à agir si le rythme de la dépréciation s'accélère. La prochaine décision de politique monétaire de la BoJ est prévue pour fin juillet, les marchés surveillant de près tout changement de langage concernant la faiblesse du yen.
Le niveau de 162 revêt une signification psychologique. Une cassure au-dessus de ce seuil marquerait le niveau le plus faible du yen depuis des décennies en termes nominaux, intensifiant la pression sur les décideurs japonais. Le Japon a l'habitude d'intervenir sur le marché des changes pendant les périodes de dépréciation rapide du yen, les opérations passées ayant impliqué des achats coordonnés de yen contre dollar.
La chute du yen intervient alors que l'indice du dollar s'est globalement renforcé, reflétant la résilience des données économiques américaines qui a repoussé les attentes de baisse des taux de la Réserve fédérale. L'élargissement du différentiel de rendement entre les bons du Trésor américain et les obligations d'État japonaises a fait du yen une monnaie de financement privilégiée pour les carry trades, où les investisseurs empruntent en yen à faible rendement pour investir dans des actifs à plus haut rendement ailleurs.
L'histoire suggère que le seuil d'intervention de la BoJ n'est pas un niveau fixe mais plutôt fonction de la vitesse et de la volatilité du mouvement. Lors d'épisodes précédents, les autorités japonaises sont intervenues lorsque le yen s'affaiblissait de plus de 1 % en une seule journée ou lorsque le positionnement spéculatif atteignait des niveaux extrêmes. Le mouvement actuel, avec le yen passant de 160,48 à 161,81 en une seule séance, représente un déclin de 0,8 % qui pourrait attirer l'attention des autorités.
Pour les ménages et les entreprises japonaises, la faiblesse du yen présente un tableau contrasté. Les entreprises tournées vers l'exportation bénéficient d'une compétitivité accrue à l'étranger, tandis que les importateurs font face à des coûts plus élevés pour l'alimentation, le carburant et les matières premières. Le gouvernement a introduit des subventions pour amortir le choc de la hausse des prix de l'énergie, mais le coût budgétaire de ces mesures augmente à chaque nouvelle baisse du yen.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.