Le secteur des services au Canada a connu une expansion pour la première fois en sept mois en mai, mais l'économie s'est contractée de 0,1 % en rythme annualisé au premier trimestre, selon des données publiées mercredi, révélant une reprise fragile alors que l'incertitude géopolitique a pesé sur l'activité.
« Le secteur des services au Canada a enregistré une hausse nette de l'activité en mai, mais la croissance est restée fragile et a masqué un environnement commercial difficile », a déclaré Paul Smith, directeur économique chez S&P Global Market Intelligence.
L'indice PMI des services S&P Global Canada est passé à 50,6 contre 49,2 en avril, franchissant pour la première fois depuis octobre 2025 le seuil des 50 points qui sépare l'expansion de la contraction. Ce modeste gain a été tempéré par une baisse marginale des volumes de nouvelles affaires après une hausse le mois précédent, et l'emploi a baissé pour la huitième fois en neuf mois. Statistique Canada a fait état d'une contraction du produit intérieur brut de 0,1 % en rythme annualisé au premier trimestre, après une baisse révisée à la baisse de 1 % au cours des trois derniers mois de 2025. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une croissance de 1,5 %.
Ces contractions trimestrielles consécutives — que certains économistes définissent comme une récession technique en rythme annualisé — exercent une pression sur la Banque du Canada pour soutenir la croissance, mais l'accélération des coûts des intrants complique ce calcul. Les prestataires de services ont signalé la plus forte hausse des dépenses d'exploitation en quatre ans, tirée par la hausse des coûts du carburant et des salaires, et ont augmenté leurs prix de vente au rythme le plus rapide depuis juillet 2023. La banque centrale, qui prévoit une croissance de 1,2 % pour 2026, actualisera ses projections en juillet.
Les vents contraires géopolitiques pèsent sur la confiance
Les prestataires de services ont cité le conflit au Moyen-Orient, la guerre en Iran et l'incertitude tarifaire comme facteurs ayant déprimé les ventes et le moral. Les nouvelles commandes à l'exportation ont diminué en mai, bien qu'à un rythme plus modéré depuis juillet 2024 et moins fortement que les baisses observées tout au long de 2025 et au début de 2026. La confiance des entreprises est tombée à son plus bas niveau en quatre mois, selon S&P Global, malgré certaines attentes selon lesquelles les ventes pourraient se stabiliser au cours de l'année à venir.
Le prochain examen de l'accord de libre-échange nord-américain et le choc des prix du pétrole brut lié à la guerre au Moyen-Orient ont ajouté de nouvelles couches d'incertitude, freinant l'investissement, l'embauche et les dépenses. L'investissement des entreprises en capital a chuté de 0,7 % au premier trimestre, son cinquième trimestre consécutif de baisse, a indiqué Statistique Canada.
Les pressions sur les coûts compliquent la voie de la BdC
L'inflation des prix des intrants s'est accélérée à son rythme le plus rapide en quatre ans, les entreprises signalant une forte hausse des prix du carburant et une augmentation des charges salariales. L'inflation des prix de vente a atteint son plus haut niveau en près de trois ans, tout en restant bien en deçà du rythme de hausse des coûts des intrants.
« Les pressions sur les coûts augmentent fortement, les firmes signalant non seulement une forte hausse des prix du carburant, mais aussi une augmentation des charges salariales », a déclaré M. Smith. « Cela soulèvera des drapeaux rouges pour les décideurs politiques qui seront attentifs à l'émergence d'effets de second tour sur les prix. »
La dernière fois que le Canada a connu une récession technique, c'était au début de la pandémie et lors du choc pétrolier du début de 2015, a noté Statistique Canada. Dans les deux cas, on a enregistré deux trimestres consécutifs de baisse, tant en rythme annualisé qu' trimestriel.
Sur une base mensuelle, le PIB a baissé de 0,1 % en mars, contre des attentes de croissance stable. Une estimation avancée de Statistique Canada indique une expansion de 0,4 % en avril, offrant un bon départ pour le deuxième trimestre. L'activité manufacturière a également tenu bon, l'indice PMI manufacturier de S&P Global s'établissant à 52,9 en mai — toujours en territoire d'expansion pour un deuxième mois consécutif.
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