Le taux d'inflation au Canada a atteint 3,2 % en mai, son plus haut niveau en 29 mois, dépassant toutes les prévisions, les prix de l'énergie et de l'alimentation ayant pesé sur les budgets des ménages.
Le taux d'inflation au Canada a atteint 3,2 % en mai, son plus haut niveau en 29 mois, dépassant toutes les prévisions, les prix de l'énergie et de l'alimentation ayant pesé sur les budgets des ménages.

Le taux d'inflation annuel du Canada a bondi à 3,2 % en mai, son plus haut niveau en 29 mois, dépassant le consensus de 3,0 %, les prix de l'essence ayant grimpé de 33,2 % et l'inflation des produits d'épicerie s'étant accélérée, selon les données publiées lundi par Statistique Canada.
« La lecture de l'IPC de mai est conforme à notre attente selon laquelle l'inflation totale oscillera autour de 3 % à court terme avant de revenir progressivement vers la cible de 2 % », a déclaré la Banque du Canada dans sa décision de taux du 10 juin, lorsqu'elle a maintenu le taux directeur à 2,25 %. La banque centrale a ajouté qu'elle voyait peu de preuves que la hausse des coûts de l'énergie alimente des pressions généralisées sur les prix.
Sur une base mensuelle, l'indice des prix à la consommation a augmenté de 1,0 % en mai, soit la plus forte hausse mensuelle en 15 mois et au-dessus du gain de 0,8 % attendu par les économistes. Hors essence, l'IPC a tout de même augmenté de 2,2 % sur un an, accélérant par rapport à 2,0 % en avril — un signe que les pressions sur les prix s'élargissent au-delà de la composante énergétique. Les produits alimentaires achetés en magasin ont augmenté de 4,3 % sur un an, marquant le 16e mois consécutif où ils surpassent l'inflation globale. Les prix des légumes frais ont bondi de 9,0 % sur un an, la plus forte hausse en mai depuis 2008, les prix des tomates ayant à eux seuls grimpé de 45,2 % sur un an en raison de la contraction de l'offre en provenance du Mexique. Les coûts de logement, la plus grande composante de l'IPC représentant environ 30 % du panier, ont augmenté de 1,7 % sur un an, en ralentissement par rapport à 1,8 % en avril, l'indice des coûts de remplacement des propriétaires ayant baissé de 2,5 % sur un an pour le 13e mois consécutif.
Cette lecture plus élevée que prévu renforce l'argument en faveur du maintien par la Banque du Canada de sa position politique actuelle, les marchés étant susceptibles de repousser les attentes de réductions de taux à court terme. La prochaine décision de taux de la banque centrale est prévue pour le 15 juillet, et les données de l'IPC de mai — combinées au recul des prix de l'essence en juin après l'accord de paix intérimaire entre les États-Unis et l'Iran — détermineront si les décideurs ajustent leurs perspectives d'inflation.
L'accélération en mai a été principalement tirée par les coûts de transport, qui représentent environ 18,5 % du panier de l'IPC et ont enregistré une augmentation annuelle de 9,0 %. Les prix de l'essence ont atteint leur plus haut niveau depuis juin 2022, lorsque l'invasion de l'Ukraine par la Russie avait déclenché des chocs d'approvisionnement similaires, a indiqué Statistique Canada. Les deux mesures de l'inflation fondamentale de la Banque du Canada — l'IPC-médian et l'IPC-tronqué — sont restées stables à 2,1 % et 2,0 %, respectivement, suggérant que les pressions sous-jacentes sur les prix restent contenues. Cette stabilité soutient l'avis de la banque centrale selon lequel la flambée de l'inflation globale due à l'énergie s'avérera temporaire.
Le dollar canadien s'est renforcé face au dollar américain après la publication, tandis que le rendement des obligations d'État à deux ans a grimpé de 8 points de base à 3,12 %, reflétant une réévaluation des attentes de baisse des taux. Pour les ménages canadiens, l'écart persistant entre l'inflation des produits d'épicerie et l'IPC global continue d'éroder le pouvoir d'achat réel, en particulier pour les retraités et les personnes à revenu fixe qui consacrent une plus grande part de leur budget à l'alimentation et au logement.
La dernière fois que l'inflation canadienne a dépassé 3 %, c'était au début de 2024, lorsque le taux annuel avait touché 3,1 % en janvier avant de décliner au printemps. L'épisode actuel diffère en ce que les perturbations de l'offre énergétique — plutôt que des pressions généralisées sur la demande — en sont le principal moteur, une distinction que la Banque du Canada a soulignée dans ses communications.
L'accord de paix intérimaire signé la semaine dernière entre les États-Unis et l'Iran a déjà déclenché un net recul des prix du pétrole brut, ce qui, selon les analystes, devrait faire baisser la lecture de l'inflation globale de juin. Si les prix de l'essence continuent de reculer, le taux annuel pourrait redescendre autour de 2,5 % d'ici juillet, selon les économistes de la Banque Royale du Canada.
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