(P1) La Commission américaine du commerce international (ITC) a confirmé vendredi la conclusion d'un juge selon laquelle les montres repensées d'Apple n'enfreignent pas les brevets détenus par Masimo Corp., une décision qui empêche une deuxième interdiction d'importation sur le produit portable phare de l'entreprise. L'arrêt permet à Apple de continuer à vendre ses montres Series 9 et Ultra 2 aux États-Unis avec une fonction d'oxygène sanguin modifiée, un élément central de sa stratégie de santé et de bien-être.
(P2) "Nous remercions l'ITC pour sa décision, qui garantit que nous pouvons continuer à offrir cette fonction de santé importante à nos utilisateurs", a déclaré un représentant d'Apple. "Depuis plus de six ans, Masimo mène une campagne juridique acharnée contre Apple, et presque toutes ses plaintes ont été rejetées."
(P3) Le différend a commencé en 2020 lorsque Masimo a poursuivi Apple, alléguant que le géant de la technologie avait débauché des employés et volé sa technologie d'oxymétrie de pouls. En octobre 2023, l'ITC a conclu qu'Apple enfreignait certains brevets de Masimo, entraînant une brève interdiction d'importation sur l'Apple Watch Series 9 et l'Ultra 2 en décembre 2023. Apple a rapidement désactivé la fonction, mais a ensuite introduit une version repensée en août 2025 où les données d'oxygène sanguin sont analysées sur un iPhone jumelé, une solution de contournement que l'ITC a maintenant validée.
(P4) Ce jugement solidifie l'ensemble des fonctionnalités de l'un des produits de croissance clés d'Apple et lève une incertitude juridique importante qui pesait sur l'avenir de la montre. Pour Masimo, la décision est un revers majeur dans sa stratégie juridique américaine, bien qu'elle ait obtenu 634 millions de dollars de dommages-intérêts de la part d'un jury fédéral distinct en Californie en novembre 2025, un verdict dont Apple prévoit de faire appel.
La fonctionnalité repensée au centre du jugement
Le cœur de la décision de l'ITC repose sur un changement de logiciel et de processus mis en œuvre par Apple. Après l'interdiction d'importation initiale, Apple a repensé le système de surveillance de l'oxygène sanguin. Au lieu que l'Apple Watch elle-même mesure et analyse les données pour l'affichage, la fonction repensée utilise les capteurs de la montre pour collecter des données brutes, qui sont ensuite transmises à un iPhone jumelé. L'application Santé de l'iPhone effectue l'analyse et affiche le pourcentage final de saturation en oxygène sanguin à l'utilisateur.
Ce changement architectural a suffi au Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis pour approuver l'importation des montres repensées, et la récente décision de l'ITC affirme que cette solution de contournement n'enfreint pas les brevets de Masimo. Bien que Masimo ait soutenu qu'il s'agissait d'une distinction sans différence, l'organisme commercial n'était pas d'accord, mettant fin de fait à la menace d'une autre interdiction d'importation à moins que Masimo n'obtienne gain de cause en appel.
Une bataille juridique longue et coûteuse
Le conflit juridique entre les deux sociétés s'est étendu sur plusieurs instances depuis 2020. La lutte a inclus des plaintes pour violation de brevet auprès de l'ITC, une action civile devant un tribunal fédéral de Californie et des contestations des décisions des douanes américaines.
Bien que l'ITC ait dégagé la voie pour les ventes d'Apple, les répercussions financières ne sont pas terminées. L'indemnité de 634 millions de dollars accordée par le jury à Masimo en Californie reste un point de discorde majeur. Apple fait appel de ce verdict, arguant que le brevet en question a expiré en 2022. Masimo, pour sa part, a constamment affirmé son engagement à défendre sa propriété intellectuelle, suggérant que si le front de l'interdiction d'importation est clos, la guerre juridique plus large n'est peut-être pas entièrement terminée. L'issue de l'appel d'Apple sera le prochain événement majeur à surveiller dans cette longue saga d'entreprise.
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