L'administration Trump se prépare à assouplir les exigences de capital bancaire
Les régulateurs sous l'administration Trump s'apprêtent à dévoiler cette semaine un projet assoupli de règles de capital bancaire, offrant une victoire significative aux firmes de Wall Street qui ont fait pression contre des exigences plus strictes. Les changements attendus marquent une rupture avec le cadre plus rigoureux de Bâle III, qui aurait contraint les banques à détenir plus de capital en réserve. En assouplissant ces exigences, les nouvelles règles devraient libérer du capital, stimulant potentiellement la rentabilité des banques grâce à une augmentation des prêts, des investissements et des retours aux actionnaires.
Les nouvelles règles pourraient reconquérir la part de marché hypothécaire après une chute à 35%
L'impact le plus immédiat des règles de capital assouplies pourrait se faire sentir sur le marché hypothécaire américain, où le rôle des banques a considérablement diminué. Après avoir représenté environ 60% des originations de prêts hypothécaires en 2008, la part des banques était tombée à environ 35% en 2023. Un facteur clé a été le traitement capitaliste punitif des Droits de Service Hypothécaire (DSH), qui portent une pondération de risque de 250%. Une proposition à venir devrait spécifiquement réviser cette pondération de risque, rendant potentiellement beaucoup plus attractif pour les banques de détenir des DSH et d'octroyer des prêts hypothécaires. Les règles actuelles ont poussé les banques vers d'autres domaines de prêt offrant de meilleurs rendements ajustés au risque.
Les dirigeants signalent déjà leur intention de se développer si les règles changent. Western Alliance, dont l'unité AmeriHome Mortgage a octroyé 55 milliards de dollars en 2025, y voit une opportunité majeure. Son directeur bancaire, Steve Curley, a noté que le potentiel d'allégement du capital sur les DSH serait le « plus grand changement ». D'autres institutions comme Citizens Bank, qui vise à doubler sa pénétration hypothécaire de ses 6% de clients actuels, voient une ouverture pour faire des hypothèques un produit plus compétitif. En liant plus étroitement les exigences de capital aux ratios prêt/valeur, le nouveau cadre pourrait récompenser les prêts à faible risque que de nombreuses banques pratiquent déjà.
Le virage politique américain pousse l'UE à retarder les réformes bancaires concurrentes
La démarche américaine vers la déréglementation crée des répercussions de l'autre côté de l'Atlantique. L'Union européenne devrait désormais retarder son propre plan de réforme bancaire mondial afin d'éviter de désavantager ses banques sur le plan concurrentiel. Les responsables de l'UE craignent que le maintien d'exigences de capital plus strictes, alors que les États-Unis adoptent une approche plus souple, ne pèse de manière disproportionnée sur les prêteurs européens. Cette dynamique met en lumière les implications mondiales de la politique financière américaine, forçant les régulateurs internationaux à réagir pour empêcher les capitaux et les affaires de se diriger vers des marchés aux règles plus favorables.