Le S&P 500 chute de 1,5% alors que le pétrole franchit le seuil des 100 $
Les actions américaines ont fortement chuté jeudi, prolongeant les pertes récentes alors que l'escalade du conflit en Iran a bouleversé les marchés mondiaux. L'indice Dow Jones Industrial Average a plongé de plus de 700 points, soit 1,5%, tandis que le S&P 500 a également reculé de 1,5% à son plus bas niveau depuis fin novembre. Le Nasdaq Composite, à forte composante technologique, a chuté de 1,7%.
La liquidation était directement liée à une flambée des prix de l'énergie après que l'Iran a intensifié ses attaques contre les infrastructures énergétiques à travers le Moyen-Orient. Ces actions ont incité l'Irak à fermer ses terminaux pétroliers, signalant un élargissement du conflit qui menace de perturber gravement les approvisionnements énergétiques mondiaux et de faire grimper l'inflation.
Le WTI brut grimpe de 47% à près de 99 $ depuis le début du conflit
Le principal moteur de l'anxiété du marché reste le secteur pétrolier. Les contrats à terme sur le Brent, la référence internationale, ont dépassé les 100 dollars le baril. Le brut West Texas Intermediate (WTI) a grimpé de 67 dollars à près de 99 dollars depuis le début du conflit le 28 février. L'Iran a averti les marchés de se préparer à des prix du brut pouvant atteindre 200 dollars le baril et a déclaré que le détroit stratégique d'Ormuz devrait rester fermé, approfondissant les craintes d'un choc d'approvisionnement prolongé.
Cette évolution des prix a créé une nette divergence dans la performance du marché. Alors que le marché général chutait, le S&P Select Energy SPDR Fund ETF (XLE) a bondi de 4,5% au cours des deux derniers jours, enregistrant son 15e record intrajournalier de 2026. Depuis le début des hostilités, le secteur de l'énergie a gagné 3,2%, tandis que le S&P 500 a chuté de 3,5%.
La probabilité de récession aux États-Unis grimpe à 34% en raison des craintes d'inflation
L'augmentation soutenue des coûts de l'énergie se répercute directement sur les prévisions économiques et les prix à la consommation. Selon les marchés de prévision, la probabilité d'une récession aux États-Unis en 2026 est passée de 22% avant le conflit à 34%. L'impact est déjà visible pour les consommateurs, le prix de détail moyen de l'essence aux États-Unis grimpant à 3,68 dollars le gallon contre 2,98 dollars.
Les investisseurs surveillent également le marché obligataire, où les obligations du Trésor américain à long terme ont été vendues, poussant le rendement à 30 ans vers 4,90%. Cette évolution reflète les inquiétudes quant à l'augmentation du déficit budgétaire due aux dépenses gouvernementales liées à la guerre. La Réserve fédérale devrait maintenir ses taux d'intérêt stables lors de sa réunion la semaine prochaine, les marchés ne prévoyant désormais qu'une seule réduction de taux de 0,25% pour le second semestre 2026, alors qu'elle pèse les pressions inflationnistes contre les vents contraires économiques.