La Russie envisage de couper ses livraisons de gaz à l'Europe
Le 18 mars, la Russie a déclaré qu'elle envisageait activement un plan visant à couper prématurément les approvisionnements en gaz naturel à l'Union européenne, signalant une escalade majeure de son conflit économique avec l'Occident. Cette annonce, faite par le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, menace directement la sécurité énergétique et la stabilité économique de l'Europe. Une coupure anticipée et unilatérale déclencherait probablement une grave crise d'approvisionnement, entraînant une flambée des prix du gaz naturel et risquant une récession à l'échelle du continent, alimentée par une inflation plus élevée et des arrêts industriels.
La manne pétrolière à près de 100 dollars le baril enhardit Moscou
La posture agressive de la Russie est rendue possible par un revirement spectaculaire de ses revenus énergétiques provenant du marché pétrolier mondial. Les perturbations ailleurs poussant les prix du Brent à environ 100 dollars le baril, contre 59 dollars en décembre, la position financière de Moscou s'est considérablement renforcée. Avant cette reprise des prix, les revenus pétroliers et gaziers de la Russie avaient baissé de 44 % d'une année sur l'autre. Désormais, les analystes estiment que chaque augmentation durable de 10 dollars du Brent ajoute environ 1,6 milliard de dollars de revenus mensuels à l'État russe. Ce coussin financier donne au Kremlin plus de latitude pour utiliser ses exportations de gaz comme une arme politique contre l'Europe.
L'Europe se démène pour des alternatives depuis l'Azerbaïdjan
La menace de Moscou survient alors que les nations européennes accélèrent leur recherche de fournisseurs d'énergie alternatifs pour réduire leur dépendance de longue date vis-à-vis de la Russie. Cette course stratégique est illustrée par des projets tels que le développement par le supermajor français TotalEnergies du champ gazier offshore d'Absheron en Azerbaïdjan, qui est en cours de préparation pour approvisionner le marché européen. La décision de la Russie semble opportune pour faire pression sur les gouvernements européens et potentiellement faire échouer ces efforts de diversification avant qu'ils ne puissent offrir une alternative significative au gaz russe, tentant ainsi de préserver son levier stratégique sur l'approvisionnement énergétique du continent.