Les traders particuliers injectent un record de 211 millions de dollars dans les ETF pétroliers
Suite aux rapports de conflit militaire au Moyen-Orient le 18 mars, la volatilité des prix du pétrole brut a atteint son plus haut niveau depuis 2020, mesurée par l'indice de volatilité Cboe Crude Oil ETF (OVX). Cette instabilité a attiré un montant record de capitaux de détail, les petits investisseurs ayant injecté un net de 211 millions de dollars dans les fonds négociés en bourse (ETF) liés au pétrole rien que le 12 mars. Le populaire United States Oil Fund (USO) a enregistré 32 millions de dollars d'entrées de détail en une seule journée la semaine dernière, son troisième meilleur résultat historique.
Les analystes comparent cette frénésie spéculative aux manies passées des actions comme GameStop, suggérant que le pétrole est désormais négocié comme une « action mème ». Cette tendance est alimentée par la facilité d'accès via les ETF et les contrats à terme plus petits, permettant aux traders individuels de parier sur des fluctuations rapides des prix dictées par les manchettes géopolitiques.
Les réserves stratégiques ne sont pas une solution permanente, bien sûr, et le pétrole brut continuera à se négocier comme une « action mème » tant que la paix ne sera pas trouvée.
— Thierry Wizman, Macquarie
Les prix de l'essence bondissent de 22,8 % et les consommateurs ressentent l'impact
La volatilité des marchés financiers frappe directement les consommateurs à la pompe. Le prix moyen de l'essence aux États-Unis a grimpé de 22,8 % pour atteindre 3,61 dollars le gallon depuis le début du conflit. L'impact est encore plus prononcé dans certaines régions, avec des prix dans la région de la Baie de Californie augmentant de près de 17 % pour dépasser 5,40 dollars le gallon. Ce choc des prix survient après des mois de baisse des coûts de carburant et menace de raviver les pressions inflationnistes.
L'augmentation des coûts de carburant pour les consommateurs suit le marché des matières premières sous-jacent, où les contrats à terme sur le brut West Texas Intermediate (WTI) se négocient entre 94 et 97 dollars le baril, un sommet inédit depuis 2022. L'incertitude entourant les voies de navigation clés comme le détroit d'Ormuz continue de soutenir les prix élevés et les transactions spéculatives.
Les chaînes d'approvisionnement industrielles face au chaos des coûts flambants
Le choc des prix de l'énergie se répercute sur les chaînes d'approvisionnement industrielles mondiales, créant le chaos sur les marchés chimiques européens. Avec l'envolée des coûts du pétrole brut, du naphta et de l'énergie, les producteurs de polyéthylène (PE) et de polypropylène (PP) sont incapables d'absorber ces augmentations. Beaucoup ont été contraints d'invoquer des clauses de force majeure dans leurs contrats, rompant de fait les accords antérieurs pour éviter de vendre à perte.
Les producteurs réclament désormais des hausses de prix spectaculaires de 400 à 600 euros par tonne pour couvrir leurs coûts d'intrants exorbitants. Cette perturbation souligne le risque économique plus large, car la hausse des coûts des matériaux fondamentaux comme les plastiques sera inévitablement répercutée en aval, entraînant des prix plus élevés pour une vaste gamme de biens de consommation et menaçant de détruire la demande.