Frappe aérienne réduisant l'approvisionnement mondial en pétrole de 8,2 millions de barils par jour
Une frappe aérienne sur le champ gazier iranien de South Pars et les installations pétrolières associées à Asaluyeh le 18 mars a gravement intensifié le conflit en cours au Moyen-Orient, provoquant des ondes de choc sur les marchés de l'énergie. L'attaque, confirmée par les médias d'État iraniens, est le dernier événement d'un conflit qui a déjà réduit l'approvisionnement mondial en pétrole d'environ 7,4 à 8,2 millions de barils par jour (mb/j), selon l'analyse de Standard Chartered. Les réductions d'approvisionnement sont généralisées, avec une production en baisse de 2,9 mb/j en Irak, de 2,0 à 2,5 mb/j en Arabie Saoudite, et un total de 2,0 à 2,3 mb/j dans les Émirats Arabes Unis, le Qatar, le Koweït et l'Iran.
Ce coup direct porté aux infrastructures d'un grand producteur d'énergie fait suite à une série d'escalades, y compris les assassinats israéliens de hauts fonctionnaires iraniens et les lancements de missiles de représailles depuis Téhéran. L'expansion du conflit a mis en péril la sécurité énergétique mondiale, perturbant les routes maritimes critiques et provoquant une libération historique de 400 millions de barils des réserves pétrolières stratégiques de l'AIE pour contrer le choc de l'approvisionnement.
Les prévisions de Brent augmentent à 85,50 dollars suite à l'arrêt de l'approvisionnement en GNL
Les marchés financiers réévaluent les actifs énergétiques pour une période de prix élevés soutenus. Standard Chartered a révisé à la hausse sa prévision moyenne du Brent brut pour 2026 à 85,50 dollars le baril, une augmentation significative par rapport à son estimation précédente de 70,00 dollars. Le marché du gaz naturel est confronté à une crise encore plus aiguë. Les contrats à terme européens se sont maintenus au-dessus de 50 €/MWh, près de 30 % au-dessus de leur moyenne sur 12 mois, après que des frappes de drones ont contraint QatarEnergy à arrêter toute sa production de gaz naturel liquéfié (GNL). Cette décision a effectivement coupé 77 millions de tonnes de capacité annuelle, soit environ 20 % de l'approvisionnement mondial en GNL, laissant les principaux importateurs asiatiques se démener pour trouver des alternatives comme le charbon et l'énergie nucléaire.
Malgré les sombres perspectives d'approvisionnement, les prix du pétrole ont connu un bref repli le 17 mars. Le brut WTI a chuté de 5,28 % pour s'établir à 93,50 dollars le baril, et le Brent a reculé de 2,84 % à 100,21 dollars. Le soulagement temporaire est survenu après que la secrétaire au Trésor américain a confirmé que les États-Unis autorisaient les pétroliers iraniens à traverser le détroit d'Ormuz, une mesure visant à prévenir un effondrement complet de l'approvisionnement mondial. Cependant, la perturbation sous-jacente de l'approvisionnement reste le principal moteur du marché.
Le dollar règne tandis que le statut de valeur refuge de l'or vacille à 5 000 dollars
La réaction générale du marché montre que les investisseurs se précipitent vers le dollar américain tout en évitant les valeurs refuges traditionnelles comme l'or. Le métal précieux a fluctué autour du niveau de 5 000 dollars, ne parvenant pas à rebondir malgré l'intense tourmente géopolitique. Les analystes suggèrent que la hausse des prix du pétrole alimente les craintes d'inflation, affaiblissant les attentes de baisses de taux des banques centrales et rendant l'or non rémunérateur moins attractif. Cette pression, combinée à la vente d'or par les investisseurs pour générer des liquidités, a plafonné son prix.
Bien sûr, lorsque les rendements augmentent, l'or en souffre également. Nous avons donc vu, je pense que l'or a vraiment sous-performé en tant que valeur refuge cette fois-ci. Et vraiment la seule valeur refuge qui fonctionne aujourd'hui est le dollar américain.
— Eli Lee, Stratège en chef des investissements, Bank of Singapore.
Les retombées frappent durement les devises des marchés émergents. Le peso philippin, par exemple, a chuté à un plus bas historique de 59,87 pesos contre le dollar, alors que sa banque centrale se prépare à une inflation plus élevée et à un ralentissement économique potentiel. Cette tendance souligne la domination actuelle du dollar en tant qu'actif principal pour la préservation du capital pendant la crise.