Les cours de l'or, qui ont chuté de 13 % depuis le début de la guerre en Iran, sont en passe de rebondir pour atteindre 5 400 $ l'once d'ici la fin de 2026, selon Goldman Sachs Group Inc., qui a maintenu ses prévisions haussières.
« Les perspectives à moyen terme pour l'or restent intactes », ont déclaré les analystes de Goldman Lina Thomas et Daan Struyven dans une note aux clients. Ils ont fait valoir que la récente vente massive était une correction excessive, le marché se concentrant trop lourdement sur les pressions inflationnistes tout en sous-estimant le frein à la croissance économique dû aux turbulences géopolitiques.
Les analystes ont précisé que le violent ajustement des prix a été alimenté par des liquidations forcées dans un marché boursier en baisse et des attentes de resserrement de la politique monétaire. Cependant, ils estiment que les soutiens fondamentaux de l'or — la demande persistante des banques centrales et une Réserve fédérale accommodante — sont en train de se réaffirmer. Les prévisions de Goldman supposent que les banques centrales accéléreront leurs achats pour atteindre une moyenne de 60 tonnes par mois et que la Fed procédera à deux autres baisses de taux d'intérêt cette année.
Cette vision présente le niveau de prix actuel comme une opportunité d'achat, suggérant que les modèles historiques montrent que les inquiétudes sur la croissance finissent par devenir le moteur dominant pour l'or. La modélisation de la banque pointe vers un risque de baisse à 3 800 $ l'once si les chocs d'approvisionnement énergétique découlant du conflit s'aggravent, mais voit un potentiel de hausse significatif si les tensions géopolitiques entraînent un abandon structurel des actifs occidentaux traditionnels.
Les achats des banques centrales apportent un soutien structurel
L'un des piliers de la thèse de Goldman est la demande structurelle des banques centrales mondiales qui diversifient leurs réserves hors du dollar américain. Cette tendance à la dédollarisation a vu les banques centrales acheter un record de 1 086 tonnes d'or en 2024, faisant chuter la part du dollar dans les réserves mondiales à 58 %, selon les données du Conseil mondial de l'or et du FMI.
La Banque du Ghana illustre parfaitement cette stratégie. Grâce à son programme national d'achat d'or, la banque centrale a augmenté ses avoirs, passant de seulement 8,78 tonnes en mai 2023 à plus de 40 tonnes en octobre 2025, date à laquelle l'or représentait environ 42 % de ses réserves internationales brutes. Bien que la banque ait ensuite rééquilibré son portefeuille, cette accumulation agressive souligne un mouvement plus large vers l'utilisation de l'or comme valeur refuge non fiduciaire.
Le rapport de Goldman rejette explicitement les inquiétudes selon lesquelles les banques centrales, en particulier dans la région du Golfe, vendraient de l'or pour défendre leurs monnaies. Il note que ces nations sont plus susceptibles de vendre des bons du Trésor américain pour des interventions monétaires en raison de leurs systèmes de taux de change ancrés au dollar.
Deux types de risques : géopolitique et politique
Bien que le scénario de base de Goldman soit constructif, les analystes reconnaissent un large éventail de résultats potentiels dépendant des développements géopolitiques. Le principal risque de baisse concerne un choc majeur sur l'approvisionnement énergétique découlant du conflit en Iran, qui pourrait déclencher un mouvement général d'aversion au risque et faire tomber l'or à 3 800 $ l'once alors que les investisseurs cherchent des liquidités.
À l'inverse, une escalade des tensions géopolitiques pourrait accélérer la tendance à la diversification des réserves, fournissant un puissant vent arrière pour l'or. Cette opinion est partagée par d'autres institutions, bien que les objectifs de prix varient. JPMorgan a prévu qu'une forte demande des banques centrales pourrait propulser l'or à environ 6 300 $ l'once d'ici la fin de 2026. Parallèlement, Gary Wagner de TheGoldForecast.com entrevoit un chemin vers les 3 000 $, porté par d'éventuels tarifs douaniers américains et une incertitude mondiale persistante.
En fin de compte, Goldman Sachs estime que les arguments structurels en faveur de l'or se renforcent. Malgré la volatilité à court terme, la combinaison de la demande des banques centrales, d'un éventuel pivot vers l'assouplissement monétaire par la Fed et d'un environnement géopolitique instable sous-tend des perspectives positives pour le métal précieux jusqu'à la fin de l'année.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.