Les banques prévoient de multiples hausses de la BCE à mesure que le risque d'inflation augmente
Goldman Sachs s'attend désormais à ce que la Banque Centrale Européenne procède à deux hausses de taux d'intérêt de 25 points de base, prévoyant des augmentations pour les réunions d'avril et de juin 2026. La projection, annoncée le 23 mars, cite des risques d'inflation croissants alimentés par la guerre au Moyen-Orient. Cette décision aligne Goldman sur un consensus croissant à Wall Street selon lequel l'ère des taux stables en Europe est révolue.
Cette prévision marque un changement significatif, car de nombreux analystes s'attendaient auparavant à ce que la BCE maintienne son taux directeur à 2 % tout au long de 2026. J.P. Morgan et Barclays anticipent également une hausse de taux en avril, avec d'autres augmentations prévues pour plus tard dans l'année. Morgan Stanley a inscrit des hausses de 25 points de base pour les réunions de juin et septembre. Ce changement coordonné des perspectives fait suite aux commentaires récents de la BCE qui ont reconnu les risques d'inflation croissants, préparant le marché à une voie politique plus restrictive.
Les marchés estiment à 80 % la probabilité d'une hausse des taux en juin
Les attentes des investisseurs se sont rapidement ajustées à la nouvelle réalité, les données du marché montrant que les traders voient désormais une probabilité de 80 % d'une hausse des taux de la BCE d'ici sa réunion de juin. Les chances d'un mouvement antérieur en avril sont estimées à environ 50 %, selon les données de LSEG. Cette réévaluation reflète les craintes que le conflit en Iran ne perturbe les approvisionnements énergétiques et ne pousse l'inflation à la hausse dans la zone euro, forçant la banque centrale à agir.
Le sentiment restrictif pèse sur les actions européennes, l'indice STOXX 600 étant en passe d'enregistrer sa troisième perte hebdomadaire consécutive. Le dilemme politique de la BCE s'intensifie, car elle doit maintenant peser la nécessité de combattre l'inflation contre le risque d'étouffer la croissance économique. Bien que certaines personnalités comme l'ancien président de la BCE Jean-Claude Trichet conseillent la prudence, l'élan des prévisions bancaires et des valorisations du marché pointe clairement vers des coûts d'emprunt plus élevés dans les mois à venir.