Les actions chinoises de l'IA augmentent de 3 billions de dollars mais restent sous-évaluées de 50%
Depuis le « moment DeepSeek » en janvier 2025 qui a catalysé le marché, les actions chinoises liées à l'IA ont progressé en moyenne de 50 %, ajoutant plus de 3 billions de dollars à leur capitalisation boursière totale. Malgré cette performance, un nouveau rapport de Goldman Sachs soutient que les valorisations du secteur sous-estiment encore sa création de valeur potentielle de 50 % à 100 %. La banque rejette les préoccupations concernant une bulle, calculant que l'IA générative est prête à apporter un coup de pouce cumulatif de 8 % à la productivité du travail en Chine au cours de la prochaine décennie, correspondant à une valeur ajoutée économique d'environ 1,6 billion de dollars.
Ce rallye n'est pas un simple écho des tendances technologiques mondiales. Les actions chinoises de l'IA ont démontré une faible corrélation glissante sur 52 semaines de seulement 23 % avec leurs homologues américaines, et les ont surperformées de 30 % depuis janvier 2025. Cette divergence consolide l'IA chinoise comme un thème d'investissement indépendant, motivé par des facteurs locaux distincts et des avantages concurrentiels plutôt que de suivre les mouvements du marché américain.
Les fonds mondiaux sous-allouent à l'écosystème chinois de l'IA de 10 billions de dollars
Il existe un déséquilibre structurel important entre le rôle de la Chine dans l'économie mondiale de l'IA et sa représentation dans les portefeuilles des investisseurs. Les entreprises chinoises représentent un écosystème de 10 billions de dollars, comptant pour 10 % de la capitalisation boursière mondiale de l'IA et 16 % de ses revenus. Cependant, les gestionnaires de fonds mondiaux n'ont alloué que 1,2 % de leurs portefeuilles technologiques mondiaux à ces actions. Goldman Sachs identifie cette sous-pondération systémique comme un risque majeur pour les investisseurs, car une future correction de cette allocation pourrait entraîner des entrées de capitaux substantielles dans le secteur.
La proposition de valeur de la Chine est également distincte de celle des États-Unis. Alors que l'Amérique domine les semi-conducteurs et les modèles d'IA, la Chine détient un avantage comparatif dans l'électricité, les infrastructures et les applications physiques de l'IA. Ces trois segments représentent respectivement 38 %, 26 % et 27 % de leurs pools de revenus mondiaux de l'IA. Investir dans l'IA chinoise offre donc aux portefeuilles mondiaux une exposition différenciée et un outil de diversification efficace loin des thèmes centrés sur la Silicon Valley.
Goldman vise les infrastructures où la croissance est sous-estimée
Goldman Sachs recommande aux investisseurs de se concentrer sur les secteurs où les attentes du marché sont en retard par rapport au potentiel de croissance tangible. Le rapport met en évidence l'électricité et les infrastructures comme les segments les plus attractifs. Les prix du marché impliquent actuellement un taux de croissance annuel composé (TCAC) de seulement 3 % pour l'électricité et 11 % pour les infrastructures, ce qui est conservateur pour les bénéfices par action (BPA). Ces chiffres contrastent fortement avec les propres modèles de marché total adressable (TAM) de Goldman, qui prévoient des taux de croissance de 23 % et 31 % respectivement, signalant une sous-évaluation significative.
Inversement, la couche d'applications—particulièrement dans les services aux consommateurs, la santé et la conduite autonome—porte déjà des attentes de croissance élevées intégrées dans ses valorisations, offrant une marge de sécurité plus étroite. Le segment des modèles d'IA, bien qu'il se négocie à un modeste ratio cours/bénéfice de 17, devrait voir une attention accrue à mesure que de nouvelles IPO entrent sur le marché. En ciblant le matériel et les infrastructures, les investisseurs peuvent s'exposer aux piliers fondamentaux des ambitions chinoises en matière d'IA, où la croissance semble être la plus profondément sous-évaluée.