La Fed maintient son taux directeur à 3,75 %, citant le choc pétrolier lié à la guerre
La Réserve fédérale américaine a maintenu son taux directeur stable le 18 mars, conservant la fourchette cible de 3,5 % à 3,75 % tout en signalant une profonde inquiétude quant aux retombées économiques de la guerre en Iran. Cette décision largement attendue souligne la prudence de la banque centrale alors qu'elle fait face à une crise géopolitique soudaine qui menace d'accélérer l'inflation.
Le principal facteur de ce maintien est la turbulence sur les marchés de l'énergie. La fermeture effective par l'Iran du détroit d'Ormuz, un canal pour environ 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole, a provoqué une flambée des prix du brut au-dessus de 100 dollars le baril. Ce choc d'approvisionnement crée ce que les économistes appellent le « pire cauchemar » d'un banquier central : une pression à la hausse simultanée sur les prix et une pression à la baisse sur la croissance économique et l'emploi.
Les craintes de stagflation augmentent alors que l'économie perd 92 000 emplois
Pour compliquer le dilemme de la Fed, une série de rapports économiques intérieurs faibles fait planer le spectre de la stagflation. Le marché du travail a montré des signes clairs de contraction, l'économie ayant perdu 92 000 emplois en février, annulant un bref gain en janvier et ramenant le taux de chômage à 4,4 %. Cette faiblesse a été corroborée par le Bureau of Economic Analysis, qui a révisé à la baisse son estimation de la croissance du PIB pour le T4 2025, passant de 1,4 % à seulement 0,7 %.
Alors que l'inflation de l'indice des prix à la consommation (IPC) global est restée à 2,4 % en février, ce chiffre ne prend pas encore en compte l'impact de la guerre sur les coûts énergétiques. Parallèlement, l'indice d'inflation préféré de la Fed, les dépenses de consommation personnelles (PCE) de base, a augmenté de 3,1 % en glissement annuel en janvier, son niveau le plus élevé en plus d'un an. Cette divergence met en évidence le défi pour les décideurs politiques, qui doivent maintenant concilier la lutte contre un nouveau choc inflationniste et le soutien à un marché de l'emploi chancelant.