Le régulateur britannique enquête sur les frais d'annulation anticipée de 50 % d'Adobe
L'Autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA) a lancé le 19 mars 2026 une enquête formelle sur les pratiques d'abonnement d'Adobe, se demandant si ses frais d'annulation anticipée enfreignent la loi sur la protection des consommateurs. L'enquête vise les termes du plan « annuel facturé mensuellement » d'Adobe, qui exige des clients annulant plus de 14 jours après l'achat de payer des frais équivalant à 50 % de la valeur restante de leur contrat annuel. Le régulateur déterminera si ces conditions sont inéquitables et si Adobe a fourni des informations claires et opportunes sur les frais à l'avance, ce qui aurait pu influencer la décision d'un client de s'abonner.
Le contrôle s'intensifie après un règlement de 150 millions de dollars aux États-Unis
Cette enquête britannique intensifie la pression réglementaire sur Adobe, débutant moins d'une semaine après que l'entreprise a accepté un règlement de 150 millions de dollars pour résoudre un procès du gouvernement américain portant sur des allégations presque identiques. Cet accord exigeait qu'Adobe paie une amende civile de 75 millions de dollars et fournisse 75 millions de dollars en dédommagement aux clients pour avoir dissimulé des frais de résiliation élevés. Les défis juridiques récurrents ciblent un modèle économique essentiel à la santé financière d'Adobe, car les abonnements représentaient 97 % des 6,4 milliards de dollars de revenus de l'entreprise pour le trimestre se terminant le 27 février.
De nouveaux pouvoirs pourraient imposer des amendes allant jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial
La CMA mène l'enquête en utilisant les nouveaux pouvoirs d'exécution directe accordés par la loi de 2024 sur les marchés numériques, la concurrence et les consommateurs. Cela permet à l'agence de déterminer directement les infractions légales et d'imposer des sanctions, sans passer par les tribunaux. Les amendes potentielles sont substantielles, pouvant atteindre jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial d'une entreprise. Pour Adobe, qui a enregistré 23,78 milliards de dollars de revenus au cours de son exercice fiscal 2025, cela représente un risque financier matériel. Cette action aggrave une période difficile pour l'entreprise, car ses actions ont chuté de 23 % cette année et son acquisition de Figma, d'une valeur de 20 milliards de dollars, a été précédemment abandonnée en raison de l'opposition réglementaire, y compris de la part de la CMA.