Volkswagen rompt son partenariat de conduite automatisée avec Bosch après qu'un investissement d'environ 1,5 milliard d'euros n'a pas permis de développer une technologie compétitive, alors que le constructeur allemand accélère une vaste cure d'austérité.
Volkswagen prévoit de mettre fin à son alliance de conduite automatisée avec l'équipementier automobile Bosch dans le cadre d'un effort plus large visant à réduire les coûts et à renforcer sa compétitivité, a rapporté dimanche le journal allemand Bild, citant plusieurs sources. Le partenariat, lancé en 2022 entre l'unité logicielle de Volkswagen, Cariad, et Bosch, visait à développer des logiciels pour les systèmes d'assistance à la conduite et de conduite autonome pour l'ensemble du portefeuille de marques de Volkswagen.
« Le projet n'a pas répondu aux attentes », a rapporté Bild, citant des évaluations internes qui ont conclu que la technologie n'était pas encore compétitive après un investissement d'environ 1,5 milliard d'euros (1,71 milliard de dollars). Bosch et Cariad ont publié une déclaration commune reconnaissant leur collaboration de longue date, affirmant qu'ils « examinent régulièrement notre partenariat de développement et évaluons en continu s'il correspond à nos objectifs stratégiques et technologiques ainsi qu'aux évolutions actuelles du marché ». Les entreprises ont refusé de commenter les discussions confidentielles entre partenaires.
Le partenariat doit prendre fin conformément aux clauses contractuelles, la résiliation définitive n'étant pas attendue avant lundi, selon Bild. Volkswagen prévoit de se procurer le matériel et les logiciels pour les systèmes de conduite automatisée auprès d'un nouveau partenaire, lequel est actuellement en cours de sélection, avec un contrat prévu d'ici septembre. Le rapport de Bild fait suite à l'information de vendredi selon laquelle Volkswagen envisage de fermer quatre usines en Allemagne et de supprimer jusqu'à 100 000 emplois, alors que le plus grand constructeur automobile européen est aux prises avec des coûts élevés et une concurrence croissante de la part de Tesla et des fabricants chinois de véhicules électriques comme BYD.
Pression concurrentielle croissante
La dissolution du partenariat avec Bosch remet en question le calendrier de Volkswagen en matière de conduite autonome, au moment où ses rivaux accélèrent. Le système Full Self-Driving de Tesla, bien que nécessitant encore une supervision du conducteur, a accumulé des milliards de kilomètres de données réelles. Des concurrents chinois, dont BYD et Xpeng, ont intégré des fonctions d'assistance avancée à la conduite dans des véhicules grand public vendus à des prix bien inférieurs à ceux des modèles premium de Volkswagen. Le système « God's Eye » de BYD, lancé plus tôt cette année, propose une assistance à la navigation sur autoroute pour des véhicules débutant à environ 15 000 dollars — un niveau de prix que Volkswagen ne peut pas atteindre avec sa structure de coûts actuelle.
L'action Volkswagen a chuté de 3,88 % vendredi pour clôturer à 75,55 €, creusant ses pertes depuis le début de l'année alors que les investisseurs digèrent le plan de restructuration global. La société se négocie à environ 4,5 fois les bénéfices prévisionnels, une décote par rapport à Stellantis (5,2x) et une forte décote par rapport à Tesla (85x), reflétant le scepticisme du marché quant à la capacité de Volkswagen à réussir sa transition technologique tout en réduisant ses coûts.
Pour Bosch, la perte d'un client majeur en conduite automatisée constitue un revers stratégique. L'équipementier avait positionné le partenariat avec Volkswagen comme la pierre angulaire de sa stratégie technologique de mobilité, en concurrence avec des acteurs tels que Mobileye, la plateforme Snapdragon Ride de Qualcomm et le système Drive Thor de Nvidia. Bosch devra désormais trouver d'autres clients pour amortir sa part de l'investissement de 1,5 milliard d'euros.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.