Le dollar américain s'est renforcé face à l'euro et au franc suisse, l'impasse des pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran et les perspectives divergentes des banques centrales ayant alimenté une fuite vers la sécurité.
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Le dollar américain s'est renforcé face à l'euro et au franc suisse, l'impasse des pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran et les perspectives divergentes des banques centrales ayant alimenté une fuite vers la sécurité.

Le dollar américain a gagné du terrain face à ses principaux pairs mardi, la paire EUR/USD tombant sous 1,1700, alors que l'incertitude géopolitique entourant l'Iran et les perspectives hawkish de la Réserve fédérale contrastaient avec les pressions exercées sur la Banque centrale européenne.
« La banque se tient tout à fait prête à intervenir sur les marchés des changes en achetant des devises étrangères pour affaiblir le franc suisse et sauvegarder la stabilité des prix », a déclaré Martin Schlegel, président de la Banque nationale suisse (BNS), soulignant les courants croisés mondiaux en jeu.
La force du dollar a été généralisée. La paire EUR/USD a chuté sous 1,1700, effaçant tous ses gains de lundi, tandis que la paire USD/CHF a grimpé vers la barre des 0,7900. Ces mouvements sont intervenus alors que les prix du pétrole ont légèrement augmenté, le baril de Brent restant bien au-dessus de $100, après des rapports indiquant que le président américain Donald Trump était peu susceptible d'accepter une récente proposition de paix de l'Iran. L'offre, qui aurait rouvert le détroit d'Ormuz en échange de la levée d'un blocus américain, ne comprenait apparemment pas de concessions sur le programme nucléaire iranien, une condition inacceptable pour Washington.
La situation crée une nette divergence de politique entre les principales banques centrales du monde, étayant l'ascension du dollar. La Réserve fédérale devrait largement maintenir son taux directeur dans la fourchette de 3,50%-3,75% lors de sa réunion d'avril. Cependant, alors que le candidat à la Fed Kevin Warsh insiste sur l'indépendance de la politique, les marchés sont confrontés à la perspective d'une limitation d'une trajectoire plus agressive de baisse des taux, maintenant les rendements américains à un niveau relativement élevé. Cela contraste avec le dernier grand affrontement dans la région, qui avait vu une réponse coordonnée des banques centrales pour assouplir les conditions financières.
### La position de la Fed booste le billet vert
L'attrait du billet vert est amplifié par les attentes d'une période prolongée de taux élevés de la part de la Réserve fédérale. Bien que l'on s'attende à ce que la banque centrale maintienne les taux stables pour une troisième réunion consécutive, le ton sous-jacent des décideurs reste ferme. La nomination de Kevin Warsh, perçu comme un faucon, pour remplacer potentiellement Jerome Powell, renforce l'idée que la Fed ne sera pas prompte à baisser les taux, surtout dans un environnement inflationniste alimenté par les prix élevés de l'énergie.
Cette position politique fait du dollar américain un bénéficiaire privilégié de toute fuite vers la qualité. Les investisseurs sont attirés par le rendement plus élevé et la sécurité perçue du dollar en période de troubles internationaux. Le rejet de la proposition de l'Iran, confirmé par les commentaires du secrétaire d'État américain Marco Rubio, a éteint les espoirs d'une désescalade rapide, laissant le marché priser un risque soutenu.
### La BCE et la BNS font face à des vents contraires
En revanche, les banques centrales européennes font face à un exercice d'équilibriste plus difficile. La Banque centrale européenne (BCE) a signalé sa volonté de relever les taux pour lutter contre l'inflation, mais le frein économique d'un choc pétrolier complique sa trajectoire. Un euro cher est intenable lorsque l'économie de la zone euro est plombée par les coûts énergétiques découlant de la fermeture du détroit d'Ormuz. Les investisseurs parient désormais que la BCE sera contrainte à un maintien hawkish, retardant toute hausse de taux jusqu'en juin ou juillet au moins.
La Banque nationale suisse est dans une situation similaire. Les commentaires du président Schlegel confirment la volonté de la banque centrale d'affaiblir activement le franc suisse (CHF), une valeur refuge traditionnelle, pour soutenir l'économie du pays axée sur les exportations. Cette résistance officielle à l'appréciation de la monnaie supprime un concurrent clé du dollar américain dans la quête de sécurité, canalisant davantage les flux vers le billet vert.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.