Le rendement du Trésor américain à 7 ans a chuté de 10 points de base à 4,27 % mercredi, la plus forte baisse quotidienne sur cette maturité depuis plusieurs semaines, alors qu'une demande de valeurs refuges a balayé le marché obligataire.
Ce mouvement intervient alors que les marchés intègrent une probabilité de 88 % d'une hausse des taux de la Réserve fédérale en décembre, selon les données du CME FedWatch, même si le rallye obligataire montre que les investisseurs privilégient la préservation du capital au rendement.
La baisse du rendement à 7 ans s'est produite alors que l'indice du dollar américain a grimpé à son plus haut niveau en 52 semaines, à 101,42, créant une divergence inhabituelle où les rendements baissent alors même que le dollar se renforce. Le Nasdaq 100 a chuté de jusqu'à 3,4 % plus tôt cette semaine, déclenchant des liquidations liées aux appels de marge qui se sont répercutées sur d'autres classes d'actifs, notamment l'or, qui est tombé sous la barre des 4 100 $ l'once.
Cette baisse des rendements comprime les primes de terme à un moment où la trajectoire politique de la Fed reste incertaine. Les données solides sur les salaires de mai ont déplacé les attentes du marché, passant du calendrier d'une baisse des taux à la probabilité d'une hausse, la Deutsche Bank prévoyant désormais deux hausses de taux en 2026. Si la vente d'actions s'aggrave, le rallye obligataire pourrait s'étendre ; si l'appétit pour le risque revient, les rendements pourraient s'inverser.
La maturité à 7 ans est devenue un champ de bataille clé pour les investisseurs qui se positionnent sur le milieu de la courbe. La baisse de mercredi reflétait à la fois la demande d'investisseurs cherchant véritablement des valeurs refuges et celle de traders couvrant des positions shortes constituées lors de la récente vente.
Le rallye obligataire s'est produit alors que l'inflation reste supérieure à l'objectif de la Fed. L'indice des dépenses de consommation personnelles s'établit à 4,2 % sur un an, soit plus du double de l'objectif de 2 % de la banque centrale. Le Dr Renisha Chainani, directrice de la recherche chez Augmont, a déclaré que les récentes données économiques ont modifié les attentes du marché, les traders intégrant désormais une probabilité de hausse des taux en décembre de 88 % — nettement plus élevée qu'avant la dernière réunion du Comité fédéral de l'open market.
Répercussions sur les classes d'actifs
La baisse des rendements du Trésor ne s'est pas traduite par des gains généralisés parmi les valeurs refuges traditionnelles. Les prix de l'or sont tombés sous la barre des 4 100 $ l'once, un dollar plus fort ayant compensé toute demande de valeur refuge, tandis que le Bitcoin a prolongé sa baisse à 61 205 $ — soit plus de 50 % sous son record historique d'octobre 2025. La faiblesse simultanée de l'or et du Bitcoin, parallèlement à la baisse des rendements, suggère que le mouvement actuel est davantage motivé par des dynamiques de liquidité que par un repli coordonné vers les valeurs refuges.
Les prix du pétrole ont également baissé, renforçant le signal déflationniste qui soutient généralement les prix des obligations.
Les perspectives de la Fed
La divergence entre la baisse des rendements et la hausse du dollar crée un signal complexe pour la trajectoire politique de la Fed. Alors que le marché obligataire intègre une demande de valeurs refuges, le marché des changes reflète la force relative de l'économie américaine. Le prochain catalyseur est le rapport sur l'inflation PCE à venir, qui fournira des données actualisées sur la question de savoir si les pressions sur les prix s'atténuent suffisamment pour que la Fed maintienne le statu quo.
La prochaine réunion du Comité fédéral de l'open market est prévue les 28 et 29 juillet. D'ici là, chaque point de donnée sur l'inflation et l'emploi sera passé au crible pour déterminer si le rallye obligataire actuel est un mouvement temporaire vers les valeurs refuges ou le début d'un changement plus durable des attentes en matière de taux.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.