Le marché du travail britannique montre de nouveaux signes de ralentissement alors que le taux de chômage a grimpé à 5,0 %, un niveau plus élevé que prévu, compliquant la prochaine décision de la Banque d'Angleterre.
Le taux de chômage au Royaume-Uni a atteint 5,0 % au cours des trois mois se terminant en mars, dépassant les prévisions du consensus et renforçant les preuves d'un refroidissement du marché du travail qui pourrait permettre à la Banque d'Angleterre de maintenir ses taux d'intérêt inchangés.
« Les derniers chiffres suggèrent que le marché du travail reste atone, avec des offres d'emploi à leur plus bas niveau en cinq ans et un chômage plus élevé qu'il y a un an », a déclaré Liz McKeown, directrice des statistiques économiques à l'Office national des statistiques (ONS), dans un communiqué.
Les données ont montré que la croissance annuelle des revenus réguliers moyens, hors primes, a ralenti à 3,4 % contre 3,6 %, conformément aux attentes. Une estimation précoce pour avril a également indiqué que le nombre de salariés inscrits a chuté de 100 000, la plus forte baisse depuis la pandémie, bien que l'ONS ait averti que ce chiffre est sujet à révision.
La combinaison d'un chômage en hausse et d'un ralentissement des pressions salariales affaiblit l'argument en faveur de nouvelles hausses de taux de la Banque d'Angleterre, qui maintient son taux directeur à 4,5 % depuis mars 2025. Les décideurs politiques surveillaient l'étroitesse du marché du travail pour détecter des signes d'inflation persistante, mais ces derniers chiffres pourraient leur donner la latitude nécessaire pour faire une pause dans leur cycle de resserrement lors de la prochaine réunion.
Un tableau qui s'assombrit
Le taux de chômage global a augmenté de 0,5 point de pourcentage par rapport à la même période un an plus tôt, bien qu'il soit en légère baisse par rapport aux 5,1 % enregistrés au cours des trois mois se terminant en février. Ces chiffres interviennent alors que l'économie britannique est aux prises avec l'envolée des coûts de l'énergie, alimentée en partie par le conflit au Moyen-Orient, qui commence à peser sur les décisions d'embauche des entreprises.
Une enquête récente menée par le cabinet comptable BDO auprès de 500 entreprises britanniques de taille moyenne a révélé que 30 % des firmes envisageaient des gels d'embauche ou des réductions d'effectifs en raison des coûts élevés. Cette tendance est déjà visible dans certains secteurs, le fabricant britannique de polymères Victrex ayant annoncé la semaine dernière une réduction de 10 % de son personnel. L'ONS a noté que les secteurs à bas salaires comme l'hôtellerie et le commerce de détail ont enregistré les plus fortes baisses d'offres d'emploi.
Divergences sur les pressions salariales
Alors que la croissance globale des salaires se modère, les données révèlent une divergence significative entre les secteurs public et privé. Les salaires réguliers dans le secteur public ont augmenté de 4,8 %, tandis que ceux du secteur privé ont progressé de 3,0 %, un rythme plus modéré.
En incluant les primes, les revenus hebdomadaires moyens ont augmenté de 4,1 %, légèrement au-dessus des prévisions. Toutefois, le ralentissement de la rémunération régulière, qui est plus étroitement surveillée par la banque centrale comme mesure de la pression inflationniste sous-jacente, sera une considération clé pour la politique monétaire. La hausse du taux de chômage affaiblit le pouvoir de négociation des travailleurs, ce qui pourrait limiter les revendications salariales futures et aider à freiner l'inflation.
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