(P1) L'économie du Royaume-Uni a progressé de 0,5 % en février, un rythme plus rapide que prévu qui fait désormais face à un vent contraire important dû à l'envolée des prix de l'énergie. La croissance, rapportée par l'Office national des statistiques, s'est accélérée par rapport au 0,1 % de janvier et a battu la prévision consensuelle des économistes d'une expansion de 0,1 %.
(P2) Ces données précèdent le plein impact de l'instabilité géopolitique au Moyen-Orient, qui a poussé les coûts de l'énergie nettement à la hausse. « La croissance plus forte est la bienvenue, mais elle sera éphémère », a déclaré un économiste senior d'une grande banque européenne. « Le choc des prix de l'énergie est désormais le facteur dominant pour les perspectives britanniques. »
(P3) Le Brent, référence mondiale du pétrole, a bondi de plus de 30 % depuis que les attaques américaines et israéliennes sur l'Iran ont commencé le 28 février. Cette forte augmentation des coûts de l'énergie alimente directement les attentes inflationnistes. La Banque d'Angleterre, qui a maintenu son taux d'intérêt directeur à 3,75 % le mois dernier, prévoit désormais que l'inflation sera plus élevée que prévu initialement.
(P4) La situation crée un dilemme difficile pour la banque centrale, qui pourrait être contrainte de relever les taux d'intérêt pour contrer l'inflation, un mouvement qui pourrait étouffer la croissance économique même observée en février. Avant le conflit, les investisseurs anticipaient une détente des coûts d'emprunt en 2026, mais les données de LSEG montrent désormais que les attentes se sont inversées, avec au moins une hausse des taux intégrée pour cette année.
L'élan de croissance face au choc externe
Le chiffre du PIB de février, la plus forte croissance mensuelle depuis juin 2023, a été porté par un rebond du secteur des services. Cependant, cet élan domestique positif est aujourd'hui menacé. Plus le conflit au Moyen-Orient durera et perturbera les approvisionnements énergétiques mondiaux, plus l'impact sur l'économie britannique sera important, affectant tout, des coûts d'intrants manufacturiers au pouvoir d'achat des consommateurs.
Le dilemme de la Banque d'Angleterre
Le Comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre est désormais dans une position réactive. Sa prochaine décision sera scrutée de près pour voir comment il équilibre les risques de hausse de l'inflation avec la nécessité de soutenir une économie qui, bien que montrant des signes récents de dynamisme, reste dans une position précaire. La dernière fois que le Royaume-Uni a été confronté à un choc de prix externe de cette ampleur, cela a mené à une période prolongée de stagflation, un scénario que les décideurs cherchent désespérément à éviter.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.