(P1) Le président Donald Trump a nommé Christopher Phelan, professeur à l'Université du Minnesota, pour diriger le Conseil des conseillers économiques (CEA) de la Maison-Blanche, une décision qui installe un nouvel économiste de haut rang alors que l'administration est confrontée à un taux d'inflation de 3,3 %.
(P2) « Phelan est un choix éminemment qualifié pour diriger le CEA et s'appuyer sur l'immense héritage de Miran et Yared », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Kush Desai.
(P3) Cette nomination intervient alors que l'on s'attend largement à ce que la Réserve fédérale maintienne ses taux d'intérêt dans une fourchette de 3,50 à 3,75 %, prolongeant ainsi une pause amorcée au début de l'année en raison des prix élevés de l'énergie et de l'instabilité géopolitique. L'inflation à la consommation aux États-Unis a atteint en mars son plus haut niveau en près de deux ans, poussée par le coût élevé de l'énergie.
(P4) La nomination de Phelan est cruciale alors que la Maison-Blanche cherche à stabiliser les prix et à favoriser la croissance avant les élections de mi-mandat. Ses vues sur la politique budgétaire, qui diffèrent de certaines initiatives passées de l'administration, introduisent une incertitude et pourraient entraîner une volatilité des marchés alors que les investisseurs évaluent l'avenir de la stratégie économique américaine.
Phelan, titulaire d'un doctorat en économie de l'Université de Chicago, est consultant auprès de la Réserve fédérale de Minneapolis depuis 1998. Ses travaux universitaires portent sur la politique monétaire et l'impact des déficits de la balance courante. Cette nomination est perçue par certains comme une volonté d'apporter une approche plus technocratique au conseil, qui conseille le président sur la politique économique.
Il remplacera le chef par intérim du CEA, Pierre Yared, qui assurait l'intérim après Stephen Miran. Miran a quitté le conseil en septembre pour un poste au Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale. Jacob Bastian, ancien économiste principal au CEA, a noté qu'à la différence de Miran, considéré comme un « allié idéologique » de Trump, Phelan semble être « davantage un profil technocratique ».
Le nouvel économiste en chef sera confronté à un environnement difficile. Le double mandat de la Fed, consistant à maintenir la stabilité des prix et un faible taux de chômage, est mis à l'épreuve par des pressions contradictoires. Les prix élevés de l'énergie, exacerbés par la fermeture virtuelle du détroit d'Ormuz, continuent d'alimenter l'inflation, tandis que les inquiétudes concernant le marché de l'emploi persistent.
Bien que le parcours académique de Phelan suggère une position plus neutre, ses déclarations passées montrent une volonté de remettre en question les normes établies. Il a critiqué la fonction publique fédérale et a exprimé des vues sur le commerce moins alignées sur l'orthodoxie du libre-échange. Notamment, il a exprimé des inquiétudes concernant les importants déficits résultant de la loi « One Big Beautiful Bill Act » de Trump, suggérant qu'« il n'est pas certain que nous voulions afficher de tels déficits » en période de croissance.
Cet article est publié à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.