(Bloomberg) -- Telecom Italia SpA a fait appel à Goldman Sachs Group Inc. et Evercore Inc. en tant que conseillers financiers pour examiner une proposition de rachat non sollicitée, en numéraire et en actions, émanant du conglomérat public Poste Italiane, une initiative qui marque le début d'une défense d'envergure.
Ces nominations ont été confirmées par deux personnes proches du dossier, qui ont demandé à rester anonymes, les discussions étant privées.
L'équipe de conseillers sera chargée d'évaluer le bien-fondé et la structure de l'offre de Poste Italiane, qui vise à privatiser l'ancien monopole de la téléphonie. Les détails de la valeur de l'offre et du ratio spécifique entre numéraire et actions n'ont pas encore été divulgués.
L'issue de cet examen sera déterminante pour l'avenir du paysage italien des télécommunications, pouvant mener à une consolidation majeure du marché. L'implication de banques de premier plan suggère que le conseil d'administration de Telecom Italia se prépare à une négociation complexe qui pourrait conduire à une réévaluation de l'entreprise, dont la valorisation stagne derrière celle de ses pairs depuis des années.
L'offre de Poste Italiane, un groupe diversifié présent dans le courrier, la logistique, l'assurance et la banque, représente une offensive stratégique de l'État italien pour reprendre le contrôle d'infrastructures nationales critiques. Telecom Italia, accablée par la dette et une concurrence nationale féroce, fait l'objet de spéculations récurrentes sur un rachat.
Goldman Sachs et Evercore analyseront les conditions financières, les synergies potentielles et les obstacles réglementaires de la transaction proposée. Une partie essentielle de leur mandat consistera à évaluer la valeur intrinsèque de Telecom Italia par rapport au prix offert par Poste. Cela impliquera probablement une analyse approfondie des actifs de la société, notamment son infrastructure de réseau stratégique et sa filiale mobile brésilienne.
Le gouvernement italien, actionnaire clé de Poste Italiane et indirectement de Telecom Italia via la banque publique Cassa Depositi e Prestiti (CDP), jouera un rôle crucial. Tout accord nécessiterait l'approbation de plusieurs organismes de réglementation, notamment la Consob, le gendarme boursier italien, et les autorités de la concurrence à Rome et à Bruxelles.
Pour les investisseurs, la nomination de conseillers est la première étape formelle d'un processus qui pourrait libérer de la valeur ou aboutir à une bataille prolongée pour le contrôle. La nouvelle devrait accroître la volatilité des actions de Telecom Italia, les arbitragistes et les investisseurs à long terme se positionnant en vue d'une éventuelle surenchère ou d'un accord négocié. La recommandation finale des conseillers pèsera lourdement sur la réponse du conseil d'administration et sur le sort ultime de l'une des entreprises industrielles les plus emblématiques d'Italie.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.