L'inflation suisse s'est accélérée pour atteindre son plus haut niveau en un an en mars, conséquence directe de la flambée des prix du pétrole due à l'escalade du conflit au Moyen-Orient. Cette évolution pourrait contraindre la Banque nationale suisse (BNS) à adopter une position monétaire plus agressive. L'indice des prix à la consommation a augmenté de 2,8 % par rapport à l'année précédente, soit le rythme le plus rapide depuis mars 2025.
« Le choc des prix de l'énergie se répercute sur l'inflation européenne plus rapidement que quiconque ne l'avait prévu », a déclaré Adrien Dubois, économiste chez UBS à Zurich. « Pour la BNS, qui a été prudemment accommodante (dovish), ce chiffre est un appel à l'action restrictif (hawkish). Elle ne peut pas se permettre d'être à la traîne. »
Les données suisses font écho à une tendance européenne plus large, l'Allemagne ayant signalé un bond similaire de son inflation harmonisée à 2,8 % pour mars. Le principal moteur reste le conflit iranien, qui a poussé les références énergétiques mondiales vers des gains mensuels record. Les contrats à terme sur le pétrole Brent se négociaient dernièrement au-dessus de 114 $ le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain oscillait autour de 101 $ le baril.
Les données inattendues sur l'inflation modifient considérablement les perspectives de la Banque nationale suisse. La banque centrale pourrait désormais être poussée vers une politique plus restrictive pour ancrer les anticipations d'inflation, un changement qui pourrait entraîner un renforcement du franc suisse et peser sur le marché boursier du pays, tourné vers l'exportation.
Le choc énergétique se propage en Europe
Le conflit au Moyen-Orient, qui s'est étendu après les attaques des Houthis yéménites contre Israël, a gravement perturbé les principales routes maritimes énergétiques, notamment le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb. Les actions européennes ont été volatiles, l'indice de référence FTSE 100, le DAX allemand et le CAC français affichant des gains modestes dans des échanges agités alors que les valeurs énergétiques rebondissaient. Cependant, la préoccupation majeure est qu'une période prolongée de coûts énergétiques élevés pourrait étouffer la croissance économique et pousser le continent vers une récession.
Les marchés anticipent un virage restrictif de la BNS
Sur les marchés des changes, l'euro a reculé face au dollar américain, le conflit ayant assombri les espoirs d'une résolution rapide. Le franc suisse, cependant, attire l'attention en tant que bénéficiaire potentiel du pivot politique de la BNS. Une banque centrale plus restrictive attire généralement les flux de capitaux, renforçant ainsi la monnaie. Cette dynamique place la BNS dans une position difficile, car un franc plus fort nuirait au vaste secteur exportateur de la Suisse et pourrait peser sur les bénéfices des entreprises et les valorisations boursières. Les investisseurs guettent désormais toute déclaration des responsables de la BNS pour obtenir des indications sur l'orientation future de leur politique.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.