Les actions du premier fabricant de puces chinois, SMIC, ont subi un coup dur alors que les inquiétudes des investisseurs augmentent quant aux coûts nécessaires pour suivre la course mondiale aux semi-conducteurs.
Les actions de Semiconductor Manufacturing International Corporation cotées à Hong Kong ont chuté de plus de 4 % le 18 mai, reflétant l'anxiété persistante des investisseurs face aux lourdes dépenses d'investissement et à la concurrence intense qui menacent la rentabilité du fabricant de puces, malgré le soutien politique de Pékin. Cette baisse souligne la prudence croissante des investisseurs naviguant dans le secteur technologique chinois, où le soutien du gouvernement ne garantit pas le succès.
« Miser sur les leaders du marché n'a pas toujours fonctionné non plus », a déclaré Manishi Raychaudhuri, fondateur d'Emmer Capital Partners, dans une récente chronique pour Reuters, notant la sous-performance de SMIC depuis le début de l'année.
L'action SMIC était en baisse de plus de 5 % pour l'année jusqu'à la mi-mai, période pendant laquelle son petit rival national Huahong Semiconductor a bondi de 56 %. Ce recul survient alors que le marché chinois plus large rebondit, les investisseurs s'interrogeant sur les coûts de développement élevés et les guerres de prix intenses, un phénomène baptisé « involution » (neijuan), qui fait référence à la surcapacité et à la déflation découlant d'une concurrence désordonnée.
Cette divergence met en évidence un défi crucial pour les investisseurs dans le secteur technologique chinois soutenu par l'État : même les champions soutenus par le gouvernement comme SMIC ne sont pas à l'abri des pressions du marché. Les dépenses massives de l'entreprise pour de nouvelles usines de fabrication (fabs) pèsent sur les marges et créent une incertitude sur les rendements à court terme, un risque qui semble l'emporter sur l'optimisme concernant le rebond économique du pays.
### Le coût de la concurrence
La pression sur SMIC est un exemple clair de l'« involution » que Pékin a cherché à éradiquer. Cette concurrence interne féroce, alimentée par une demande intérieure faible et des surcapacités, crée un environnement difficile pour les entreprises, même dans des secteurs hautement prioritaires comme les semi-conducteurs. Si la volonté de Pékin de moderniser son économie par des investissements dans les technologies de pointe a produit des succès, elle a également alimenté un paysage encombré et compétitif. Pour SMIC, cela signifie injecter des milliards en dépenses d'investissement pour rivaliser avec des géants mondiaux comme TSMC et Samsung, ainsi qu'avec des rivaux nationaux agiles comme Huahong.
Cette dynamique d'investissement piloté par les politiques, créant à la fois des gagnants et des perdants, est visible sur l'ensemble du marché chinois. Dans le secteur des véhicules électriques, par exemple, les gammes de produits haut de gamme et les exportations solides ont soutenu les grands acteurs comme BYD et Geely, qui étaient en hausse de 2 % et 19 % respectivement jusqu'à la mi-mai. En revanche, les petits rivaux XPeng et Xiaomi ont vu leurs actions chuter de plus de 20 % au cours de la même période, plombées par les craintes sur les marges alors que la guerre des prix s'intensifiait.
### Une reprise inégale
Pour les investisseurs, la glissade de SMIC sert de mise en garde. L'idée que la « Chine est de retour » est un récit convaincant, soutenu par une croissance du PIB au premier trimestre de 5,0 % en glissement annuel. Cependant, la reprise est inégale et le choix des titres reste une tâche difficile. La sous-performance des secteurs ciblés par les politiques, comme les services technologiques, qui ont chuté de 17 % jusqu'à la mi-mai, reflète l'anxiété profonde des investisseurs face aux coûts de développement élevés et au long chemin vers la rentabilité pour les entreprises d'IA et de puces.
La voie à suivre pour les investisseurs nécessite un audit préalable minutieux. Comme l'a noté Raychaudhuri, des risques tels que la montée des tensions géopolitiques avec les États-Unis et le potentiel de persistance d'une concurrence désordonnée ne peuvent être ignorés. Bien que le marché chinois présente des moteurs positifs et durables, la volatilité dictée par les politiques et les nouvelles n'a pas disparu. La performance de SMIC démontre que même pour un leader du marché dans une industrie critique, le chemin vers une croissance soutenue est semé d'embûches.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.