Une enquête de Bank of America a identifié l'achat de semi-conducteurs comme l'investissement le plus encombré parmi les institutions mondiales, une désignation qui précède souvent une période de volatilité accrue et de replis potentiels. Cette conclusion apporte une note de prudence à un secteur qui a connu un rallye de plusieurs mois soutenu par l'enthousiasme pour l'intelligence artificielle (IA).
« La clé pour déterminer le point de retournement du marché est de savoir si les dépenses d'investissement dans l'IA peuvent être maintenues et si la demande en aval peut générer un retour sur investissement en circuit fermé », ont déclaré des experts du secteur au Shanghai Securities News. Cette incertitude pousse les investisseurs à regarder au-delà des valeurs évidentes.
Ajoutant au débat, les investisseurs de renom Michael Burry, célèbre pour « The Big Short », et Cathie Wood, fondatrice d'Ark Invest, ont tous deux signalé des opinions baissières sur le géant des semi-conducteurs Nvidia. Leurs prises de position publiques remettent en question la durabilité du rallye actuel du marché porté par l'IA et les valorisations élevées de ses leaders. La pression est également ressentie sur le marché des actions A en Chine, où une forte concentration de fonds publics dans les actions de semi-conducteurs pose un risque similaire.
La situation crée un dilemme critique pour les gestionnaires de fonds : poursuivre les leaders en pleine ascension ou réduire les risques. Un consensus croissant suggère qu'au lieu de faire un pari binaire sur le secteur, la stratégie la plus judicieuse consiste à chercher de l'alpha dans des sous-secteurs moins encombrés et sous-évalués. Cette rotation potentielle des capitaux pourrait détourner des milliards de dollars des titres surévalués.
La recherche d'alpha
Alors que des baromètres comme Nvidia se négocient à des multiples élevés, les investisseurs examinent désormais la chaîne d'approvisionnement des semi-conducteurs à la recherche d'opportunités négligées. Trois domaines spécifiques retiennent l'attention : les puces de stockage, les équipements de semi-conducteurs et les circuits imprimés (PCB). La thèse est que, si les principaux fabricants de puces IA ont grimpé en flèche, les entreprises qui fournissent l'infrastructure et les composants essentiels pour le déploiement de l'IA n'ont pas connu de gains proportionnels.
Par exemple, la demande de mémoire à large bande passante (HBM) utilisée dans les accélérateurs d'IA est un vent favorable direct pour les fabricants de puces de stockage comme Micron Technology et SK Hynix. De même, les processus de fabrication complexes pour les puces de nouvelle génération nécessitent des équipements de pointe de la part d'entreprises telles qu'Applied Materials et Lam Research. Le secteur des PCB, souvent ignoré, qui fournit la connectivité de base pour toute l'électronique complexe, est également réévalué comme un bénéficiaire potentiel des dépenses durables en matériel d'IA. Ce changement stratégique reflète un passage des paris sectoriels larges à un marché de sélection de titres plus nuancé.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.