Le ministère de la Justice des États-Unis a lancé une enquête criminelle antitrust le 25 avril 2026 contre les plus grands transformateurs de viande du pays, après que les prix du bœuf ont grimpé de près de 50 %, soulevant des soupçons de manipulation des prix.
« Cette enquête n'a que trop tardé », a déclaré un porte-parole de l'Union nationale des agriculteurs dans un communiqué. « Depuis des années, les agriculteurs et les éleveurs sont pressurés par une poignée de conditionneurs de viande dominants, tandis que les consommateurs paient des prix gonflés à l'épicerie. »
L'enquête fait suite à une période de volatilité extrême des prix. Alors que les prix du bétail sont restés relativement bas pour les producteurs, le prix de détail du bœuf a atteint des sommets pluriannuels. Cet écart a porté la marge entre le prix du bœuf et celui du bétail, un indicateur clé de la rentabilité des transformateurs, à des niveaux records. Les actions de grands producteurs comme Tyson Foods (TSN) et de la filiale américaine du géant brésilien JBS ont été volatiles suite à cette annonce.
L'issue de l'enquête pourrait avoir des répercussions majeures pour l'industrie américaine du bœuf, pesant 200 milliards de dollars. S'ils sont reconnus coupables d'entente sur les prix, les entreprises pourraient être condamnées à des dommages-intérêts triples en vertu de la loi antitrust, ce qui pourrait représenter des milliards de dollars d'amendes. L'enquête ajoute également une pression politique sur un secteur déjà critiqué pour sa concentration, quatre entreprises seulement contrôlant plus de 80 % du marché du bœuf.
L'enquête de la division antitrust du DOJ marque une escalade significative de la surveillance de l'industrie de la viande, critiquée depuis des années pour sa concentration. Les « Big Four » — Tyson Foods, JBS, Cargill et National Beef Packing Co. — contrôlent environ 85 % du marché américain du bœuf. Cette concentration a suscité des accusations de comportement anticoncurrentiel bien avant l'enquête actuelle.
La pandémie de COVID-19 a exacerbé ces inquiétudes, les fermetures d'usines ayant entraîné des perturbations de la chaîne d'approvisionnement, une envolée des prix de détail et des bénéfices records pour les conditionneurs, même si les agriculteurs étaient contraints d'euthanasier leur bétail.
Les analystes surveilleront de près tout nouveau développement du ministère de la Justice, car les répercussions juridiques et financières pour les entreprises concernées pourraient être substantielles. Les conclusions de l'enquête pourraient également stimuler des efforts législatifs visant à accroître la concurrence et la transparence dans le secteur de la viande.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.