Le Fonds monétaire international a émis un avertissement direct selon lequel les outils cybernétiques avancés basés sur l'IA élèvent les menaces au niveau d'un choc macro-financier potentiel, menaçant les fonctions fondamentales du système financier mondial hautement interconnecté.
« Les modèles d'IA avancés peuvent réduire considérablement le temps et le coût nécessaires pour identifier et exploiter les vulnérabilités, augmentant ainsi la probabilité de découvrir et de cibler simultanément les faiblesses des systèmes largement utilisés », ont écrit les experts du FMI Tobias Adrian, Tamas Gaidosch et Rangachary Ravikumar dans une analyse récente.
Cet avertissement intervient quelques semaines après que la société d'IA Anthropic a révélé que son puissant modèle Claude Mythos, encore non commercialisé, pouvait trouver et exploiter des vulnérabilités dans tous les principaux systèmes d'exploitation et navigateurs Web. Étant donné que les institutions financières dépendent d'infrastructures numériques partagées, notamment des logiciels communs et des fournisseurs de cloud, le FMI note qu'une seule faille découverte par l'IA pourrait créer des points de défaillance simultanés dans des dizaines d'institutions.
Une telle attaque corrélée pourrait déclencher des « effets de confiance, des interruptions de paiement, des tensions sur la liquidité et des dynamiques de ventes forcées », selon le Fonds. Cela élève le risque cyber d'un problème technique et opérationnel à une préoccupation de premier plan pour la stabilité financière. Pour les autorités, le FMI déclare que la question centrale est de savoir si le système est prêt à absorber de tels incidents sans déstabilisation de ses fonctions de base.
L'analyse soutient que puisque les défenses seront « inévitablement brisées », les décideurs politiques doivent donner la priorité à un cadre axé sur la « résilience d'abord ». Cette approche se concentre sur la limitation de la propagation des incidents et sur la garantie d'une récupération rapide, plutôt que sur la seule prévention. Les principales recommandations comprennent des tests de résistance cybernétique robustes, l'analyse de scénarios et l'intégration formelle du risque cyber dans la surveillance au niveau des conseils d'administration des institutions financières.
Le FMI a également souligné la nature transfrontalière de la menace, appelant à une coordination internationale plus forte. Le rapport note que les économies émergentes et en développement, qui ont souvent des contraintes de ressources plus sévères, pourraient être exposées de manière disproportionnée à des attaquants ciblant des régions aux défenses plus faibles, créant ainsi un maillon faible potentiel pour le système mondial intégré.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.