Goldman Sachs parie sur l'intelligence artificielle pour construire un « plancher d'usine numérique », visant à automatiser ses opérations bancaires de base sans recourir à des licenciements massifs.
Le président et directeur de l'exploitation de Goldman Sachs, John Waldron, a annoncé le plan de la banque visant à créer un « plancher d'usine numérique » utilisant l'intelligence artificielle, une initiative visant à stimuler l'efficacité de 15 % au cours des trois prochaines années. Le projet se concentrera sur l'automatisation des flux de travail internes, que Waldron a décrits comme une « chaîne de montage humaine », afin d'accélérer une transition qui a déjà transformé l'industrie manufacturière.
« Si vous pensez à ce qui s'est passé dans le secteur manufacturier, il est devenu beaucoup plus robotisé, beaucoup plus automatisé », a déclaré Waldron dans une interview accordée à CNBC mardi. « Les banques n'ont pas vraiment suivi ce parcours dans la même mesure. »
Cette annonce place Goldman Sachs à l'avant-garde d'un effort plus large à travers Wall Street pour intégrer l'IA, avec des dépenses d'investissement prévues dans l'infrastructure de l'IA devant atteindre 755 milliards de dollars d'ici 2026, selon un récent rapport de recherche de Goldman Sachs. Ce boom des dépenses reflète une reconnaissance croissante du fait que l'IA peut débloquer des gains de productivité significatifs dans un secteur traditionnellement dépendant de processus manuels.
Ce virage stratégique pourrait renforcer la rentabilité à long terme et le leadership technologique de Goldman Sachs, incitant potentiellement des concurrents comme JPMorgan Chase et Morgan Stanley à accélérer leurs propres investissements dans l'IA. Pour les investisseurs, cette initiative signale un engagement clair à exploiter la technologie pour contrôler les coûts et améliorer les marges, un objectif clé pour le secteur bancaire.
La question des 755 milliards de dollars
L'investissement prévu par le secteur financier dans l'IA s'inscrit dans une tendance mondiale massive. Les 755 milliards de dollars de dépenses d'investissement liées à l'IA projetés d'ici 2026 soulignent l'ampleur du changement technologique en cours. Ces dépenses ne concernent pas seulement les logiciels, mais tout l'écosystème de matériel, de centres de données et de talents spécialisés nécessaires pour construire et maintenir des systèmes d'IA sophistiqués.
Pour des banques comme Goldman Sachs, l'investissement vise à automatiser les rôles de back-office et d'autres tâches répétitives, libérant ainsi les employés pour des travaux à plus haute valeur ajoutée. C'est le « plancher d'usine numérique » qu'imagine Waldron, où les machines gèrent le traitement de routine et les humains se concentrent sur les relations avec les clients et la résolution de problèmes complexes. L'objectif est d'accroître l'efficacité et de réduire les erreurs, pour aboutir finalement à une opération plus rationalisée et rentable.
Une approche privilégiant l'humain ?
Bien que la perspective de l'automatisation soulève des inquiétudes quant aux suppressions d'emplois, Goldman Sachs s'est engagé à éviter les licenciements massifs. Cette promesse sera mise à l'épreuve à mesure que l'intégration de l'IA s'approfondira. L'expérience d'autres pays offre une feuille de route potentielle. En Chine, par exemple, le déploiement rapide de véhicules autonomes et de drones de livraison a été accueilli par une approche de l'automatisation « privilégiant l'humain ».
Meituan, une super-application de livraison, forme ses livreurs à l'exploitation et à la surveillance de sa flotte de drones. Cette stratégie de reconversion et de redéploiement de la main-d'œuvre existante pourrait servir de modèle aux institutions financières comme Goldman Sachs. En investissant dans la montée en compétences de ses employés, la banque peut transformer sa « chaîne de montage humaine » en une équipe d'opérateurs et d'analystes qualifiés supervisant le nouveau « plancher d'usine numérique ». Le succès de cette transition sera suivi de près par l'ensemble du secteur financier, alors qu'il navigue dans la relation complexe entre l'IA, l'efficacité et l'emploi.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.