L'or s'est maintenu près de 4 720 $ l'once après qu'un rapport de Goldman Sachs a maintenu sa prévision de prix pour la fin de l'année à 5 400 $ l'once, tout en mettant en garde contre d'importants risques de liquidation à court terme.
« Si les perturbations géopolitiques dans le détroit d'Ormuz persistent, ou s'il y a d'autres ajustements sur les marchés obligataires ou boursiers, l'or reste exposé à un risque de liquidations supplémentaires », ont déclaré les analystes Lina Thomas et Daan Struyven dans le rapport du 28 avril.
Cette prévision intervient alors que l'or s'échange environ 19 % en dessous de son sommet de janvier 2026 de près de 5 600 $ l'once. Le métal a été sous pression en raison d'un indice du dollar américain ferme, s'échangeant près de 98,65, et d'un rendement du Trésor à 10 ans se maintenant au-dessus de 4,3 %, alors que l'on s'attend largement à ce que la Réserve fédérale laisse les taux d'intérêt inchangés lors de sa prochaine réunion.
La prudence tactique de Goldman contraste avec son optimisme structurel, qui s'appuie sur une hypothèse de 60 tonnes d'achats mensuels par les banques centrales et de 50 points de base de baisses de taux de la Fed plus tard dans l'année. Cette divergence souligne un débat clé à Wall Street, Morgan Stanley ayant récemment réduit sa prévision à 5 200 $ tandis que JPMorgan reste plus optimiste avec un objectif de 6 300 $.
Les achats des banques centrales apportent un soutien structurel
Le cœur de la thèse haussière à long terme de Goldman repose sur la diversification continue vers l'or par les banques centrales mondiales. L'hypothèse de base de la banque est de 60 tonnes d'achats nets mensuels tout au long de 2026. Une récente enquête de Goldman auprès de 29 banques centrales soutient ce point de vue, révélant qu'environ 70 % des répondants s'attendent à ce que les réserves mondiales d'or augmentent au cours des 12 prochains mois. La même enquête a montré qu'une majorité de banques centrales s'attendent à ce que le prix de l'or se maintienne au-dessus de 5 000 $ l'once dans un an. Cette demande souveraine persistante agit comme un plancher structurel, absorbant l'offre et fournissant un tampon contre les ventes spéculatives.
La géopolitique et les rendements réels créent des vents contraires
Le principal risque à court terme provient de la possibilité d'un dollar plus fort et de rendements obligataires plus élevés si les tensions au Moyen-Orient s'accentuent davantage. L'annulation récente par le président Donald Trump d'un voyage diplomatique au Pakistan pour négocier avec l'Iran a maintenu les risques géopolitiques à un niveau élevé, soutenant les prix du pétrole au-dessus de 100 $ le baril. Cela alimente les inquiétudes concernant l'inflation, réduisant la flexibilité de la Réserve fédérale pour baisser les taux et augmentant ainsi le coût d'opportunité de la détention d'or non productif de rendement. Cette dynamique a pesé sur les actions minières aurifères, le plus grand producteur mondial, Newmont Corporation, ayant récemment abaissé ses prévisions de production pour 2026 de 10 % à 5,3 millions d'onces, qualifiant cette année d'« année de creux ».
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