Une liquidation brutale de la dette allemande a propulsé le rendement des obligations à deux ans de plus de 10 points de base mardi, les investisseurs étant confrontés à la perspective d'un regain de pressions inflationnistes susceptible de retarder les baisses de taux attendues de la Banque Centrale Européenne (BCE).
« Le repricing sur la partie courte de la courbe allemande reflète une peur classique de l'inflation », a déclaré un stratège obligataire d'une grande banque européenne. « Les acteurs du marché révisent à la baisse leurs attentes accommodantes vis-à-vis de la BCE, anticipant une trajectoire des prix à la consommation plus persistante que prévu initialement. »
Le rendement du Bund allemand à deux ans, très sensible aux perspectives de taux d'intérêt, a bondi de 10,4 points de base pour atteindre 2,720 % en fin de séance européenne. Le rendement de référence à 10 ans a progressé de 9,2 points de base à 3,084 %, son plus haut niveau depuis plus d'une semaine. Ce mouvement a provoqué un léger aplatissement de la courbe des taux, l'écart entre les rendements à deux et 10 ans se resserrant de 1,2 point de base pour s'établir à 36,1 points de base.
La flambée des rendements augmente les coûts d'emprunt pour les gouvernements et les entreprises de toute la zone euro, ce qui pourrait durcir les conditions financières. Pour la BCE, le revirement baissier du marché obligataire complique sa trajectoire politique avant sa prochaine réunion, alors qu'elle doit arbitrer entre les risques inflationnistes et des perspectives économiques fragiles. Les marchés intègrent désormais moins de baisses de taux pour le reste de l'année.
La vente a été généralisée sur toutes les échéances allemandes, le rendement du Bund à 30 ans augmentant également de 6,7 points de base pour atteindre 3,539 %. La dynamique haussière des rendements s'est maintenue tout au long de la session, s'accélérant après l'ouverture de la bourse de New York. Cette tendance au sein de la plus grande économie de la zone euro sert de référence pour l'ensemble du bloc, suggérant que l'ère des coûts d'emprunt ultra-bas pourrait subir de nouveaux tests. Ce mouvement reflète un sentiment de marché plus large selon lequel les banques centrales pourraient devoir maintenir une politique restrictive plus longtemps qu'espéré.
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