Un nouvel indice créé par l'économiste John Doe de MacroSolve suggère que l'économie américaine est confrontée à une probabilité de 65 % d'entrer dans une période de stagflation, remettant en cause la position politique actuelle de la Réserve fédérale. L'indice de stagflation, qui combine le taux d'inflation global avec le taux de chômage, fournit une mesure quantitative pour un terme qui manquait de définition formelle. La nouvelle a poussé le rendement du Trésor à 10 ans en hausse de 8 points de base à 4,65 %.
« Pendant trop longtemps, la "stagflation" a été une peur vague plutôt qu'un risque mesurable », a déclaré John Doe, économiste en chef chez MacroSolve, dans une note. « En définissant un seuil clair — lorsque la somme de l'inflation et du chômage est supérieure à 10 % pendant deux trimestres — nous pouvons évaluer la probabilité et la gravité de la menace. »
L'indice de Doe se situe actuellement à 11,2, dérivé d'un taux d'inflation global de 7,5 % et d'un taux de chômage de 3,7 %. C'est le deuxième trimestre consécutif que l'indice reste au-dessus du seuil de 10 %, une condition non observée depuis les années 1970. Le S&P 500 a chuté de 1,2 % à la suite de la nouvelle, tandis que l'indice du dollar américain (DXY) s'est renforcé de 0,5 %.
Le risque principal est que la Réserve fédérale, concentrée soit sur l'inflation, soit sur le chômage, soit incapable de combattre les deux simultanément. Les prix actuels du marché impliquent une baisse des taux de 50 points de base d'ici la fin de l'année, une mesure qui pourrait alimenter l'inflation alors même que la croissance stagne. La prochaine réunion du FOMC le 20 mai sera cruciale pour tout changement dans les orientations prospectives de la banque centrale.
Le débat sur la stagflation
Le concept de stagflation, mot-valise de « stagnation » et « inflation », a pris de l'importance dans les années 1970 lorsque l'économie américaine a connu simultanément une inflation élevée et un chômage élevé, un phénomène qui contredisait la théorie de la courbe de Phillips alors dominante. Bien qu'il n'y ait pas de définition universellement reconnue, elle se caractérise généralement par une croissance économique lente, un chômage élevé et une hausse des prix.
La tentative de Doe de quantifier le risque intervient à un moment de débat croissant entre économistes. Alors que certains, comme le prix Nobel Paul Krugman, ont soutenu que l'environnement économique actuel n'est pas comparable à celui des années 1970, d'autres, dont l'ancien secrétaire au Trésor Lawrence Summers, ont mis en garde contre les risques croissants. Le débat se concentre sur les moteurs de l'inflation actuelle et le potentiel d'une spirale salaires-prix.
Implications pour le marché
L'indice MacroSolve suggère que les marchés d'actions pourraient être trop complaisants. Une période prolongée de stagflation entraînerait probablement une baisse des marges bénéficiaires des entreprises et un taux d'actualisation plus élevé, exerçant une pression à la baisse sur les valorisations boursières. Dans un tel environnement, les actifs réels comme les matières premières et les titres protégés contre l'inflation ont historiquement surperformé. L'indice de volatilité CBOE (VIX) a grimpé à 21,3, son plus haut niveau en trois mois, reflétant l'incertitude accrue.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.