La BCE a relevé ses taux à 2,25 % la semaine dernière et le chef économiste Philip Lane estime qu'une nouvelle hausse est possible si les données le justifient.
La BCE a relevé ses taux à 2,25 % la semaine dernière et le chef économiste Philip Lane estime qu'une nouvelle hausse est possible si les données le justifient.

La BCE a relevé ses taux à 2,25 % la semaine dernière et le chef économiste Philip Lane estime qu'une nouvelle hausse est possible si les données le justifient.
La Banque centrale européenne pourrait relever à nouveau son taux directeur après l'avoir porté à 2,25 % ce mois-ci, a déclaré mardi le chef économiste Philip Lane, alors que l'inflation reste bloquée au-dessus de 3 % et que les prix de l'énergie ne se sont pas encore normalisés après le conflit au Moyen-Orient.
« La question de savoir si nous ferons davantage ou si nous resterons au nouveau niveau dépendra des données entrantes », a déclaré Lane lors d'un point de presse à Francfort.
La BCE a relevé son taux de facilité de dépôt de 25 points de base à 2,25 % le 11 juin, devenant ainsi la première grande banque centrale à resserrer sa politique depuis le début du conflit au Moyen-Orient fin février. Le taux de refinancement principal s'élève désormais à 2,40 % et la facilité de prêt marginal à 2,65 %. L'inflation dans la zone euro a accéléré à 3,2 % en mai contre 3 % en avril, bien au-dessus de l'objectif de 2 % de la BCE. Lane a indiqué que les perspectives montrent « une année d'inflation supérieure à 3 % ».
La décision de relever les taux est intervenue avant que les États-Unis et l'Iran n'annoncent un accord de paix intérimaire le 14 juin, qui a fait baisser les prix de l'énergie sans toutefois les ramener à leurs niveaux d'avant-guerre. Lane a qualifié cet accord de « nouvelle bienvenue » tout en prévenant que de nombreux détails restent à régler et qu'il est difficile de savoir quand le détroit d'Ormuz rouvrira complètement. Les projections actualisées de la BCE font état d'une inflation globale moyenne de 3 % en 2026, avec une croissance réduite à seulement 0,8 %.
Les prix de l'énergie restent le risque dominant. Lane a déclaré que la tarification des marchés à terme s'aligne désormais plus étroitement sur les scénarios modérés de la BCE que sur ses scénarios sévères, mais la banque centrale a cartographié plusieurs trajectoires en fonction de l'ampleur de la hausse des coûts énergétiques et de leur durée. L'inflation sous-jacente, qui exclut l'énergie et l'alimentation, est projetée à 2,5 % pour 2026 et 2027 avant de s'atténuer à 2,2 % en 2028.
Lane a refusé de s'engager sur une trajectoire de taux spécifique, indiquant que la BCE tire délibérément « un voile sur la direction que nous pourrions prendre à l'avenir ». Cette position reflète l'approche d'autres banques centrales. La Banque du Japon a averti mardi qu'elle pourrait relever à nouveau son taux directeur après avoir porté les coûts d'emprunt à leur plus haut niveau en 31 ans, signalant que les décideurs politiques des économies développées restent prudents quant à déclarer victoire sur l'inflation.
Les enjeux pour la zone euro sont élevés. Avec une inflation projetée à 3 % en moyenne cette année et une croissance à seulement 0,8 %, la BCE fait face au risque de resserrer sa politique dans un contexte de ralentissement économique — un scénario qui comprimerait les marges des entreprises et augmenterait les coûts d'emprunt pour les ménages déjà confrontés à des factures énergétiques élevées. La prochaine décision de taux de la BCE est prévue pour le 23 juillet, date à laquelle des projections actualisées des services fourniront une nouvelle lecture de l'évolution des perspectives d'inflation.
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