Les banques centrales européennes marquent une pause dans leur lutte contre l'inflation, mais la guerre pour la stabilité des prix est loin d'être terminée.
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Les banques centrales européennes marquent une pause dans leur lutte contre l'inflation, mais la guerre pour la stabilité des prix est loin d'être terminée.

La Banque centrale européenne et la Banque d'Angleterre ont maintenu leurs taux d'intérêt stables dans une pause coordonnée, tout en signalant que de futures hausses restent probables car la guerre au Moyen-Orient menace de maintenir l'inflation énergétique bien au-dessus de leurs objectifs de 2 %.
« Les risques à la hausse pour l'inflation et les risques à la baisse pour la croissance se sont intensifiés », a déclaré la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse. « Plus la guerre dure et plus les prix de l'énergie restent élevés, plus l'impact probable sur l'inflation globale et l'économie sera fort. »
La BCE a laissé son taux de dépôt directeur à 2,0 %, un niveau maintenu depuis juin de l'année dernière, tandis que la BoE a maintenu son taux bancaire à 3,75 %. La décision à Londres s'est accompagnée d'un vote « hawkish » de 8 contre 1, le membre dissident étant favorable à une augmentation immédiate de 25 points de base. Cette pause intervient alors que de nouvelles données ont montré que l'inflation dans la zone euro a bondi à 3,0 % en avril, sous l'effet d'une hausse de 10,9 % des prix de l'énergie.
Ces décisions soulignent « l'océan d'incertitude » auquel sont confrontés les décideurs politiques, pris entre un ralentissement de la croissance économique et une nouvelle vague d'inflation. Bien que les taux aient été maintenus, Lagarde a révélé un débat « long et approfondi » sur une hausse, et les marchés anticipent désormais trois augmentations supplémentaires de la BCE pour atteindre 2,75 % au cours de l'année prochaine, montrant que les investisseurs pensent que la pause est temporaire.
## Le dilemme de la stagflation s'empare de la zone euro
Le conflit au Moyen-Orient a étranglé le détroit d'Ormuz, un canal vital pour environ un cinquième des approvisionnements énergétiques mondiaux, provoquant une flambée des prix. Cela place la BCE face à un dilemme, car l'outil classique de lutte contre l'inflation — le relèvement des taux d'intérêt — freinerait davantage une économie qui n'a progressé que de 0,1 % au premier trimestre.
« Nous nous éloignons certainement du scénario de référence », a déclaré Lagarde aux journalistes, reconnaissant que l'économie s'écartait des scénarios les plus favorables de la banque. Elle a précisé que les mesures budgétaires gouvernementales pour faire face au choc énergétique doivent être « temporaires, ciblées et adaptées » afin d'éviter d'ajouter aux pressions inflationnistes.
## La posture agressive de la BoE pèse sur l'EUR/GBP
Au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre a reconnu que la politique monétaire ne peut pas influencer directement les prix de l'énergie mais sera utilisée pour garantir que l'inflation revienne durablement à son objectif de 2 %. Le vote de 8 contre 1 pour maintenir les taux, avec un membre poussant pour une hausse immédiate, a été perçu par les marchés comme une position plus agressive que celle de la BCE.
Le ton relativement plus ferme de la BoE a contribué à une baisse du taux de change EUR/GBP suite aux annonces. L'interprétation du marché suggère que la BoE pourrait être plus agressive dans son cycle de hausse, ou du moins moins contrainte par les impacts directs du choc énergétique de la zone euro. Les deux banques ont clairement indiqué que leurs prochains mouvements dépendront fortement des données, les six prochaines semaines d'informations géopolitiques et économiques étant critiques.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.