L'optique co-packagée (CPO), une technologie critique pour les centres de données d'IA de nouvelle génération, fait face à des retards importants, une production de masse significative étant désormais peu probable avant après 2026 en raison de problèmes persistants de rendement de fabrication.
Selon des sources de la chaîne d'approvisionnement citées dans un rapport de Digitimes, le calendrier pour que le CPO remplace les modules optiques enfichables traditionnels est beaucoup plus long que ce que le marché anticipe. « Pour permettre un déploiement à grande échelle dans les centres de données d'IA, le rendement de production doit être suffisamment élevé pour que le CPO soit plus rentable que les solutions existantes », indique le rapport, identifiant le problème de rendement comme le « plus grand obstacle » pour l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement.
Le retard survient malgré une pression intense des fournisseurs d'infrastructures d'IA cloud pour améliorer les performances et réduire les coûts. Alors que la demande de CPO est claire et croissante, l'offre peine à gravir la courbe de maturité. La difficulté de fabrication et de validation signifie que même d'ici 2026, les volumes de production réels seront « extrêmement limités ».
Ce contretemps pourrait ralentir le rythme des améliorations du coût par FLOP dans le matériel d'IA, ce qui pourrait profiter à court terme aux fabricants de modules optiques historiques tels que Lumentum (LITE) et Coherent (COHR). Pour les concepteurs de puces fortement investis dans la technologie, le retard complique les feuilles de route des futurs produits et les structures de coûts.
Nvidia pousse, les rivaux observent
Parmi les acteurs clés, Nvidia (NVDA) est le plus agressif dans la conduite de la transition vers le CPO. Le géant de l'IA fait pression sur ses partenaires de la chaîne d'approvisionnement pour qu'ils soient prêts pour une production de masse à partir de 2025, soulignant les avantages de performance du CPO auprès de ses clients.
En revanche, Broadcom (AVGO) et Marvell Technology (MRVL), qui ont également investi massivement dans le CPO, adoptent une approche plus conservatrice dans leurs déploiements. Broadcom aurait commencé des livraisons initiales à petite échelle à ses clients. Cependant, des sources indiquent qu'aucune de ces deux sociétés ne pousse à une adoption massive aussi vigoureusement que Nvidia.
En fin de compte, l'ensemble de l'écosystème des semi-conducteurs devrait bénéficier d'une transition réussie vers le CPO, qui promet de briser les plafonds de performance et de coût. Cependant, la croissance de l'industrie est désormais plafonnée non pas par la demande, mais par la capacité fondamentale de l'offre à produire la technologie avec un rendement et une échelle suffisamment élevés.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.