Un timide rebond de l'embauche au Canada a été éclipsé par la croissance salariale la plus rapide depuis 2024, créant un scénario complexe pour la prochaine décision de la Banque du Canada.
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Un timide rebond de l'embauche au Canada a été éclipsé par la croissance salariale la plus rapide depuis 2024, créant un scénario complexe pour la prochaine décision de la Banque du Canada.

Les employeurs canadiens ont créé un modeste total de 14 100 emplois en mars, laissant le taux de chômage inchangé à 6,7 %, alors qu'une poussée des salaires atteignant un gain annuel de 4,7 % complique les perspectives de la Banque du Canada.
« Pour une fois, les résultats de l'emploi n'ont pas réservé de grande surprise en mars », a déclaré Douglas Porter, économiste en chef chez BMO Marchés des capitaux. « Le constat global est que la croissance de l'emploi a été assez modeste au cours de l'année écoulée, mais il en a été de même pour la croissance de la main-d'œuvre disponible, ce qui a maintenu le taux de chômage stable. »
Les données de mars de Statistique Canada montrent un marché qui peine à se redresser après avoir perdu près de 109 000 emplois au cours des deux premiers mois de 2026. Le gain marginal d'emplois a été entièrement tiré par le travail à temps partiel, qui a augmenté de 15 000, tandis que les postes à temps plein ont diminué de 1 100. La population active a augmenté de seulement 15 100 personnes, maintenant le taux d'activité stable.
Le développement clé pour les décideurs politiques est l'accélération du salaire horaire moyen, qui a bondi de 4,7 % par rapport à l'année précédente — la plus forte progression depuis octobre 2024. Avec une inflation oscillant près de la cible de 2 % de la banque centrale, cette pression salariale pourrait retarder les baisses de taux d'intérêt anticipées, forçant la Banque du Canada à maintenir une position plus belliciste lors de sa prochaine réunion d'avril.
Cette lecture stable mais fragile du marché du travail survient alors que l'économie canadienne traverse la fin d'un boom démographique important alimenté par l'immigration. La population du pays n'a augmenté que de 11 200 personnes en mars, une fraction du rythme observé ces dernières années. Ce changement démographique redessine la dynamique sous-jacente du marché du travail.
« Dans les périodes précédentes, une croissance nette de l'emploi de 14 000 en mars aurait été assez décevante. Cependant, maintenant que le Canada est de l'autre côté de son boom migratoire post-pandémique, les lectures stagnantes seront la norme à court terme », a déclaré Brendon Bernard, économiste principal au site d'emploi Indeed. Il a noté qu'avec une offre de main-d'œuvre limitée, même de faibles gains d'emplois peuvent contenir le taux de chômage.
Cette nouvelle réalité est partagée par d'autres économistes qui voient un changement structurel dans le paysage de l'emploi au Canada. Michael Davenport, économiste principal chez Oxford Economics, prévoit que le ralentissement démographique pourrait bientôt conduire à un taux de croissance de l'emploi d'équilibre négatif.
« L'économie n'aura pas besoin de créer d'emplois pour que le taux de chômage baisse », a déclaré Davenport, soulignant une rupture significative par rapport aux dynamiques passées dépendantes de la croissance. Bien qu'il anticipe de modestes pertes d'emplois dans les mois à venir en raison des incertitudes commerciales et des tensions géopolitiques, il ne s'attend pas à ce que le taux de chômage grimpe beaucoup plus haut.
Pour l'instant, la Banque du Canada fait face à un exercice d'équilibre délicat. L'embauche atone et l'incertitude économique plaident pour une orientation politique plus accommodante. Cependant, la croissance salariale persistante et accélérée présente un risque inflationniste clair que les autorités ne peuvent ignorer. La décision de la banque centrale fin avril révélera comment elle pèse ces facteurs contradictoires.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.