L'économie canadienne a accéléré au premier trimestre, mais la stagnation de mars et les avertissements des fabricants concernant une « faiblesse générale » suggèrent une fragilité sous-jacente.
Retour
L'économie canadienne a accéléré au premier trimestre, mais la stagnation de mars et les avertissements des fabricants concernant une « faiblesse générale » suggèrent une fragilité sous-jacente.

(P1) L'économie canadienne a progressé à un rythme annualisé de 1,7 % au premier trimestre de 2026, rebondissant après une contraction à la fin de l'année dernière et dépassant légèrement les prévisions de la banque centrale, bien qu'une stagnation en mars suggère que la reprise reste fragile.
(P2) « L'économie canadienne est restée sur des bases fragiles tout au long du premier trimestre », a déclaré Royce Mendes, responsable de la stratégie macroéconomique chez Desjardins, dans un rapport, considérant ces données comme cohérentes avec une économie peu susceptible de produire des pressions inflationnistes excessives.
(P3) Le taux de croissance de 1,7 %, rapporté par Statistique Canada, était supérieur à la projection de 1,5 % de la Banque du Canada. L'expansion a été tirée par une hausse de 0,2 % du produit intérieur brut au niveau industriel en février, portée par la plus forte croissance mensuelle manufacturière depuis janvier 2023 et une nouvelle augmentation de l'extraction de pétrole et de gaz. Cependant, une estimation provisoire pour mars a montré que la production économique était essentiellement inchangée, offrant un passage de relais médiocre pour le deuxième trimestre.
(P4) Ce rapport mitigé complique les perspectives de la Banque du Canada, qui a maintenu son taux d'intérêt directeur à 5,0 % plus tôt dans la semaine, un niveau qu'elle conserve depuis juillet 2025. Si le chiffre de croissance global réduit la pression immédiate pour des baisses de taux, la performance nulle de mars et les vents contraires persistants renforcent les arguments en faveur d'une politique monétaire prudente.
La vigueur de février était concentrée dans les industries productrices de biens, qui ont progressé de 0,4 % contre une avance de 0,1 % pour les services. Une reprise de la production de l'industrie automobile et de la fabrication de machines a aidé le secteur à regagner du terrain après une année 2025 difficile marquée par l'incertitude commerciale.
Cependant, la faiblesse à la fin du trimestre a été corroborée par les résultats des entreprises. Hammond Power Solutions Inc. (TSX : HPS.A), un fabricant basé en Ontario, a noté dans son rapport du premier trimestre que le marché canadien a « ralenti par rapport au quatrième trimestre de 2025 » et connaît une « faiblesse générale et des prix de plus en plus compétitifs ». Cela fournit un exemple spécifique de la tendance générale au refroidissement que les économistes surveillent.
Les baisses dans le commerce de détail et une contraction dans le secteur public, qui a connu des déclins généralisés après trois mois de hausses, ont compensé une partie des gains.
Les économistes avertissent que des risques importants subsistent. « Les vents contraires provenant du choc des prix de l'énergie, des tarifs douaniers américains, de l'incertitude de la politique commerciale et d'une population en déclin maintiendront probablement les risques de récession à un niveau élevé et l'élan économique sous-jacent à un niveau faible à court terme », a déclaré Michael Davenport, économiste principal chez Oxford Economics. La renégociation prochaine du pacte commercial nord-américain et la guerre en cours en Iran, qui a soutenu les prix du pétrole, ajoutent à l'incertitude.
Pour l'instant, la Banque du Canada s'attend à ce que la consommation et les dépenses publiques soutiennent l'économie alors que les exportations et les investissements des entreprises restent faibles. La banque centrale a indiqué peu de preuves que la hausse des prix du pétrole s'est répercutée sur l'inflation globale, mais les décideurs restent vigilants. Si les prix du pétrole devaient baisser, la banque pourrait avoir plus de marge de manœuvre pour rester sur la touche, convaincue que les effets de prix temporaires ne généreront pas une période prolongée d'inflation élevée.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.