Le taux d'inflation annuel du Canada s'est accéléré pour atteindre 2,8 % en avril, un chiffre qui témoigne d'une pression manifeste due à la hausse des prix de l'énergie, mais qui s'est avéré moins élevé que ne le redoutaient les économistes, offrant potentiellement à la Banque du Canada une marge de manœuvre pour maintenir sa politique inchangée.
« Le bond de l'inflation globale était largement attendu après le récent choc pétrolier, mais les détails sont plus rassurants que ce à quoi le marché s'était préparé », a déclaré David Rheault, vice-président et économiste en chef d'une grande institution financière canadienne. « Les pressions sous-jacentes contenues et la décélération des prix alimentaires suggèrent que la Banque peut passer outre cette poussée sans adopter immédiatement un ton plus belliciste. »
Le taux d'avril, en hausse par rapport aux 2,4 % de mars, a été tiré par une augmentation de 7,6 % sur un an des coûts de transport, a rapporté Statistique Canada mardi. C'est une conséquence directe de la guerre en Iran, qui a gravement impacté l'approvisionnement mondial en pétrole. Toutefois, le chiffre global est resté inférieur à la prévision médiane de 3,1 % d'un sondage Reuters, ainsi qu'à la propre projection de 3,0 % de la Banque du Canada.
Ces données présentent un tableau contrasté pour la Banque du Canada avant sa prochaine décision sur les taux d'intérêt le 10 juin. Bien que l'inflation globale soit à son plus haut niveau depuis mai 2024, la banque centrale a signalé qu'elle tolérerait une poussée initiale alimentée par l'énergie. L'attention se portera désormais sur l'éventuel élargissement des pressions sur les prix, les marchés intégrant désormais une probabilité plus faible de hausse des taux à court terme.
Divergence des coûts de l'alimentation et du logement
D'autres détails du rapport montrent une divergence notable des pressions sur les prix. Le coût des aliments achetés en magasin a augmenté de 3,8 % sur un an, un ralentissement par rapport au rythme de 4,4 % observé en mars. Les prix de la viande et des légumes frais ont ralenti, bien que le café et la confiserie aient vu leurs prix augmenter plus rapidement.
En revanche, les frais de logement ont progressé de 1,8 % par rapport à l'année précédente. Les prix des vêtements et des chaussures ont également enregistré une hausse annuelle de 2,0 %, portés par les vêtements pour femmes. À l'échelle provinciale, une accélération des prix a été enregistrée dans tout le pays, à l'exception de la Colombie-Britannique, où le taux est resté stable à 2,5 %.
Le défi pour la Banque du Canada sera d'ancrer les attentes d'inflation sans étouffer l'activité économique. La banque centrale a maintenu qu'elle prévoyait un retour de l'inflation à sa cible de 2 % au début de 2027. Le rapport de mardi, tout en montrant une hausse globale significative, contient suffisamment d'éléments sous-jacents pour soutenir cette vision pour l'instant.
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