L'économie canadienne a connu sa croissance la plus rapide en neuf mois en avril, mettant fin à des contractions trimestrielles consécutives et renforçant la position de la Banque du Canada avant sa décision politique de juillet.
L'économie canadienne a connu sa croissance la plus rapide en neuf mois en avril, mettant fin à des contractions trimestrielles consécutives et renforçant la position de la Banque du Canada avant sa décision politique de juillet.

Le produit intérieur brut réel du Canada a augmenté de 0,5 % en avril par rapport à mars, a rapporté mardi Statistique Canada, dépassant l'estimation consensuelle de 0,4 % d'un sondage Bloomberg et inversant le recul de 0,1 % de mars. Ce rebond est la plus forte hausse mensuelle depuis juillet 2025 et place l'économie sur la voie d'une croissance annualisée supérieure à 2 % au deuxième trimestre, bien au-dessus des prévisions de 1,5 % de la Banque du Canada.
« Ce n'est pas une économie en récession », a déclaré Andrew DiCapua, économiste principal à la Chambre de commerce du Canada. « Le rebond du PIB d'avril montre que l'économie continue d'avancer, même si la croissance reste faible et pas particulièrement vigoureuse. »
Les industries productrices de biens ont mené l'expansion, avec une hausse de 1,2 %, portée par un bond de 2,9 % de l'extraction de pétrole et de gaz — la plus forte progression mensuelle depuis février 2024. Cette augmentation reflète un rebond de la production de brut synthétique après que des maintenances imprévues plus longues que prévu avaient freiné la croissance au cours des trois premiers mois de l'année. La production extracôtière de Terre-Neuve-et-Labrador a également atteint ses plus hauts niveaux depuis mars 2020, coïncidant avec la flambée des prix mondiaux du pétrole dans le contexte du conflit au Moyen-Orient. Le secteur manufacturier a progressé de 0,6 %, tandis que la construction a enregistré sa première hausse en cinq mois, grimpant de 0,7 %. Les producteurs de services ont augmenté de 0,3 %, les secteurs du transport et de l'entreposage, de la finance et des assurances, ainsi que le secteur public ayant tous contribué. Les agents et courtiers immobiliers ont vu leur activité repartir à la hausse pour la première fois depuis août 2025, soutenue par des ventes de logements plus robustes dans la région du Grand Toronto.
L'estimation avancée de Statistique Canada pour mai laisse entrevoir une nouvelle augmentation de 0,1 %, suggérant une reprise qui se modère mais se poursuit. Ces données éteignent quasiment les discours sur la récession apparus après la contraction annualisée de 0,1 % du PIB basé sur les dépenses au premier trimestre, faisant suite à une baisse de 1 % au cours des trois derniers mois de 2025. La plupart des économistes avaient qualifié ces baisses trimestrielles consécutives de récession technique, notant que le marché du travail et les dépenses des consommateurs étaient restés relativement résilients.
Le chiffre d'avril, plus fort que prévu, donne à la Banque du Canada une marge de manœuvre pour maintenir son taux directeur à 4,50 % lors de sa prochaine décision le 15 juillet. La banque centrale a maintenu ses taux inchangés depuis avril après une série de baisses entamées fin 2024, en équilibrant une inflation sous-jacente contenue face à une économique fonctionnant avec un certain excès d'offre.
« Ces données plaident pour la patience plutôt que pour un changement de cap », a déclaré Marc Ercolao, économiste à la Banque Toronto-Dominion. « Une croissance à court terme plus ferme réduit l'urgence d'assouplir, tandis que les pressions inflationnistes, qui restent contenues pour l'instant, donnent à la banque une couverture pour rester sur la touche. »
Le chef économiste de BMO, Doug Porter, a estimé que ce rebond « fera probablement taire les discours sur la récession », tout en avertissant que la production n'a augmenté qu'un peu plus de 1 % par rapport à l'année dernière — un niveau inférieur au potentiel et compatible avec une tendance à l'assouplissement plutôt qu'au resserrement. Thomas Ryan de Capital Economics a indiqué que la croissance au premier semestre 2026 devrait encore être en moyenne « considérablement inférieure » aux prévisions de la Banque du Canada, confortant l'idée que les hausses de taux restent encore loin.
Le rendement des obligations d'État canadiennes à deux ans a augmenté d'environ un point de base à 2,742 % après la publication, tandis que le dollar canadien s'est affaibli de 0,1 % à 1,4223 $ CA par dollar américain. Les marchés ont réduit leurs attentes de baisses de taux à court terme, même si les perspectives restent dépendantes des données.
La reprise fait face à plusieurs vents contraires. L'incertitude entourant la politique commerciale américaine pèse sur l'investissement des entreprises et l'embauche, l'examen officiel de l'Accord États-Unis-Mexique-Canada débutant le 1er juillet. Un fort ralentissement de l'immigration des résidents non permanents a également tempéré la croissance démographique, un moteur clé de l'expansion économique canadienne ces dernières années.
Néanmoins, les données d'avril offrent un coussin. La Banque du Canada avait prévu que l'économie resterait en excès d'offre pendant la majeure partie de 2026, et le début du deuxième trimestre, plus fort que prévu, réduit cet écart. La Coupe du Monde de la FIFA, que le Canada co-organise, devrait fournir un coup de pouce supplémentaire à l'activité dans les mois à venir.
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