L'économie canadienne s'est contractée à un taux annualisé de 0,1% au premier trimestre, manquant le consensus de 1,5% et enregistrant des baisses trimestrielles consécutives pour la première fois depuis la pandémie. La contraction révisée de 1% au quatrième trimestre de l'année dernière signifie que l'économie a maintenant enregistré deux baisses annualisées consécutives — une tendance que certains économistes définissent comme une récession technique.
"Le chiffre décevant du premier trimestre surestime probablement la faiblesse de l'économie, car le commerce net reste fluctuant et a matériellement pesé sur la croissance du premier trimestre", ont écrit les économistes de TD Economics dans une note vendredi. "La croissance de la demande intérieure a enregistré une légère contraction, mais oscille entre croissance et petites contractions depuis fin 2024."
Le dollar canadien a reculé de 0,28% à 1,3819 $ CA par dollar américain après la publication, tandis que les rendements des obligations d'État à deux ans ont chuté de 7,7 points de base à 2,430%. Ce repli est intervenu alors que les importations ont bondi de 2,9% en glissement trimestriel — tirées en partie par l'or — tandis que les exportations ont reculé de 0,1%, les droits de douane américains ayant pesé sur les expéditions automobiles. L'investissement des entreprises a chuté pour un cinquième trimestre consécutif, baissant de 0,7%, et les dépenses publiques ont décliné de 2,5% en raison d'une réduction des investissements dans les systèmes d'armement.
Cette contraction consécutive met sous pression la Banque du Canada, qui avait projeté une croissance de 1,2% pour 2026. Alors que les marchés monétaires intègrent actuellement une hausse de taux de 25 points de base d'ici décembre, l'excédent de capacité persistant de l'économie pourrait inciter la banque centrale à rester en attente si les pressions inflationnistes liées au choc énergétique au Moyen-Orient s'estompent. La banque centrale mettra à jour ses projections en juillet.
Les dépenses des ménages tiennent bon, l'investissement est à la traîne
Les dépenses de consommation ont augmenté de 0,4% en glissement trimestriel, soutenues par les achats de produits alimentaires et de services financiers, bien que moins de Canadiens aient voyagé à l'étranger et que les achats de véhicules neufs aient diminué. L'investissement résidentiel a chuté de 7,9% sur une base annualisée, mené par une forte baisse des frais de transfert de propriété alors que l'activité de revente restait atone. Le taux d'épargne des ménages est tombé à son plus bas niveau en deux ans, même si le revenu disponible a augmenté de 0,6%, suggérant que les consommateurs puisent dans leurs réserves pour maintenir leurs dépenses.
Les revenus des entreprises ont augmenté de 1,6% au cours du trimestre, marquant un troisième gain consécutif, le secteur de l'énergie étant en tête alors que les cours mondiaux du brut ont grimpé pendant le conflit au Moyen-Orient. La dernière fois que le Canada a connu des contractions trimestrielles consécutives du PIB, c'était au début de 2020 pendant la pandémie de Covid-19 ; avant cela, le choc pétrolier du début 2015 avait produit une tendance similaire.
Les données d'avril offrent un signal de reprise
L'estimation avancée de Statistique Canada pour avril a montré une croissance de l'économie de 0,4% sur un mois, la plus forte depuis juillet dernier, menée par les secteurs minier, pétrolier et gazier, la fabrication et le transport. Sur une base trimestrielle, le PIB au niveau de l'industrie a augmenté à un taux annualisé de 0,5% au deuxième trimestre jusqu'en avril, suggérant que la contraction pourrait être de courte durée.
Néanmoins, l'économie continue de fonctionner en dessous de sa capacité, la demande intérieure finale ayant diminué de 0,4% sur une base annualisée au premier trimestre. La Banque du Canada s'attend à une croissance moyenne de 1,2% en 2026 et de 1,6% en 2027, sous réserve d'une résolution du conflit iranien et d'une renégociation réussie du pacte commercial nord-américain. Le PIB par habitant a augmenté à un taux annualisé de 0,9% alors que la population du Canada a diminué pour un deuxième trimestre consécutif, offrant une lueur d'espoir dans un rapport par ailleurs faible.
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