Une forte hausse des coûts d'emprunt devrait ajouter environ 2 000 milliards de dollars à la charge de la dette nationale américaine, conséquence directe de la campagne de la Réserve fédérale pour contrôler l'inflation qui a ébranlé le marché obligataire.
« La résilience du marché boursier a masqué un problème latent sur les obligations », a noté une analyse de 24/7 Wall St. « Il ne s'agit pas d'un risque théorique ; c'est une facture de 2 000 milliards de dollars qui arrive à échéance pour les contribuables alors que le coût du service de la dette nationale explose. »
Le cœur du problème réside dans le fait que le Trésor américain doit refinancer des milliers de milliards de dettes existantes et financer de nouveaux déficits à des taux d'intérêt nettement plus élevés qu'il y a seulement deux ans. La Fed maintenant son taux directeur au-dessus de 5 %, les rendements des obligations d'État sont restés élevés, impactant directement les dépenses d'intérêts du gouvernement, qui sont finalement supportées par les contribuables.
Cette pression budgétaire pourrait imposer de futures hausses d'impôts ou des coupes dans les dépenses, créant des vents contraires pour la croissance économique. Cette évolution met sous pression la Réserve fédérale alors qu'elle soupèse la lutte contre l'inflation face à l'envolée des coûts d'emprunt du gouvernement, les marchés surveillant désormais tout changement dans sa position « plus haut plus longtemps ».
Le choc des taux se propage aux actions
L'impact de taux d'intérêt maintenus élevés s'étend au-delà des bilans gouvernementaux, envoyant des ondes de choc sur le marché boursier. Les secteurs sensibles aux taux, comme les services collectifs (utilities), qui dépendent de la dette pour financer de grands projets d'investissement, sont particulièrement vulnérables.
Par exemple, les investisseurs ont vu l'impact direct de la hausse des taux en 2022 lorsque les actions de sociétés de services collectifs stables ont été confrontées à d'importants vents contraires. Les actions de la société canadienne Fortis (TSX:FTS) sont passées de 65 $ à 50 $ sur une période de six mois en 2022, alors que la flambée des taux d'intérêt augmentait les frais d'endettement et réduisait les flux de trésorerie, selon une analyse du marché. Le récent repli du titre est également lié aux craintes qu'une inflation persistante ne force les banques centrales à maintenir les taux élevés plus longtemps que prévu.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.