La confiance des entreprises et des consommateurs australiens s'est effondrée en avril, selon des enquêtes publiées mardi, alors qu'un choc pétrolier mondial déclenché par la guerre en Iran menace de faire basculer l'économie locale dans la récession.
Ces données, qui reflètent les retombées immédiates de la flambée des prix de l'énergie, compliquent les efforts de la Banque de réserve d'Australie (RBA) pour dompter l'inflation, selon les économistes. Le « potentiel d'une forte contraction des dépenses des ménages augmente », a déclaré un analyste d'une grande banque.
Le nouveau risque géopolitique a fait grimper les prix du pétrole lors des premiers échanges de dimanche. Le pétrole brut américain a augmenté de 8 % à 104.24 dollars le baril, tandis que le Brent, la référence internationale, a gagné 7 % à 102.29 dollars. Ces mouvements sont intervenus après que le Commandement central des États-Unis a annoncé qu'il commencerait à bloquer les ports iraniens lundi, ciblant ainsi un point de passage stratégique pour le transport mondial de pétrole.
L'effondrement du sentiment crée un dilemme important pour la RBA. La banque centrale pourrait désormais faire face à des pressions pour suspendre son cycle de hausse des taux afin de soutenir l'économie, même si le choc des prix du pétrole s'ajoute à une inflation déjà persistante. La nouvelle indique une forte pression baissière sur le dollar australien et l'ASX 200, en particulier dans les secteurs liés à la consommation.
Zoom sur le détroit d'Ormuz
Le blocus américain cible le détroit d'Ormuz, une voie navigable critique par laquelle transite quotidiennement environ un cinquième du pétrole échangé dans le monde. Les principaux exportateurs, dont l'Arabie saoudite, l'Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït et l'Iran, dépendent tous de ce passage.
Le Commandement central des États-Unis a déclaré que le blocus serait « appliqué de manière impartiale contre les navires de toutes les nations » entrant ou sortant des ports iraniens, tout en permettant le transit des navires voyageant entre d'autres ports de la région. Les traceurs maritimes indiquent que le trafic des navires commerciaux est déjà limité depuis un cessez-le-feu, avec un peu plus de 40 navires ayant traversé.
Les prix du Brent ont été volatils tout au long du conflit iranien, oscillant entre environ 70 dollars le baril avant la guerre et des sommets supérieurs à 119 dollars. La dernière hausse inverse une brève baisse vendredi, lorsque le Brent pour livraison en juin est tombé à 95.20 dollars avant des pourparlers de paix finalement infructueux. La forte hausse des coûts de l'énergie est le principal moteur de l'effondrement des perspectives des consommateurs et des entreprises australiens, alimentant les craintes d'un net ralentissement économique.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.