ASML Holding NV (ASML) prévoit que les premiers semi-conducteurs construits avec ses machines de lithographie par ultraviolets extrêmes (EUV) de nouvelle génération à ouverture numérique élevée (High-NA) seront livrés d'ici quelques mois. Cette étape permettra aux fabricants de puces de produire des processeurs plus petits et plus puissants pour le marché en plein essor de l'intelligence artificielle. Ce calendrier, plus rapide que ce que de nombreux analystes prévoyaient, met la pression sur les rivaux et accélère la course à la construction d'infrastructures d'IA de nouvelle génération.
« Je m'attends à ce que dans les deux prochains mois, vous voyiez les premiers résultats des nouvelles machines High-NA », a déclaré le PDG d'ASML, Peter Wennink, le 20 mai 2026. Cette déclaration a fait grimper l'action américaine d'ASML de 2,7 % lors des transactions avant-Bourse, reflétant l'importance cruciale de cette technologie pour l'avenir de l'informatique.
Les nouveaux systèmes EUV High-NA permettent d'imprimer des transistors distants de seulement 8 nanomètres, une amélioration significative par rapport aux 13,5 nm des machines EUV précédentes. Cela permet la production de puces sur des nœuds de processus avancés de 2 nm et au-delà, une étape cruciale pour des entreprises comme Intel, qui est le premier client annoncé publiquement pour ces nouvelles machines. Intel presserait ses partenaires d'accélérer l'adoption de processeurs basés sur sa technologie de processus concurrente 18A, devenue disponible à la fin de l'année dernière.
### Le pari de 4 billions de dollars sur l'infrastructure de l'IA
L'urgence des fabricants de puces provient d'une explosion de la demande de puissance de calcul stimulée par l'intelligence artificielle. Le fonctionnement des logiciels d'IA nécessite des centres de données massifs alimentés par des milliers de puces spécialisées. Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, prévoit que les opérateurs de centres de données pourraient dépenser jusqu'à 4 billions de dollars par an dans l'infrastructure de l'IA d'ici 2030. Les grands géants de la technologie, notamment Amazon, Microsoft, Alphabet et Meta Platforms, devraient dépenser un total combiné de 710 milliards de dollars dans l'infrastructure de l'IA au cours de la seule année 2026, créant une opportunité sans précédent pour l'industrie des semi-conducteurs.
Cette demande a généré des rendements incroyables pour les investisseurs. L'iShares Semiconductor ETF (SOXX), qui détient les principales actions de puces, a généré un rendement de 330 % depuis le début de l'année 2023. Les cinq principales participations du fonds — Micron Technology, Advanced Micro Devices, Broadcom, Nvidia et Intel — représentent près de 40 % de son portefeuille et ont été les principaux moteurs de sa croissance.
### Un nouveau paysage concurrentiel
Alors que Nvidia domine actuellement le marché de l'entraînement de l'IA avec ses GPU de la série Blackwell, la technologie High-NA d'ASML armera tous les fabricants de puces des outils nécessaires pour construire des processeurs plus compétitifs. Cela ouvre la porte aux rivaux pour contester la position de Nvidia.
* Intel (INTC) promeut agressivement son processus 18A, espérant regagner son avance en matière de fabrication après avoir été distancé par le taïwanais TSMC (TSM).
* Advanced Micro Devices (AMD) développe des accélérateurs d'IA MI450 personnalisables, qui, selon lui, peuvent offrir des performances 36 fois supérieures à celles de sa dernière génération de GPU.
* Broadcom (AVGO) est un acteur clé dans le domaine des puces personnalisées, concevant des accélérateurs d'IA sur mesure pour des clients majeurs comme OpenAI et Meta Platforms.
Pour les investisseurs, l'annonce d'ASML renforce son monopole sur la lithographie avancée mais signale également une intensification de la concurrence entre les concepteurs de puces. Alors que Nvidia se négocie à un multiple élevé, le potentiel pour des rivaux comme AMD et Intel de capturer une plus grande part du marché de l'IA en expansion pourrait présenter de nouvelles opportunités. La performance de l'iShares Semiconductor ETF, qui affiche un rendement annuel composé de 14 % depuis 2001, suggère que parier sur l'ensemble du secteur reste une stratégie viable à mesure que le déploiement de l'IA se poursuit.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.