Un nouveau récit d'investissement s'installe sur les marchés asiatiques alors que les capitaux pivotent des actions de semi-conducteurs vers le domaine bourgeonnant de « l'IA physique », déclenchant un rallye des entreprises de robotique. Les actions de la société sud-coréenne LG Electronics Inc. ont bondi de 55 % en une seule semaine, tandis que la société japonaise Fanuc Corp. a gagné 10 % après avoir annoncé des collaborations distinctes avec des géants technologiques américains, ce qui suggère que le commerce de l'IA passe du calcul pur au déploiement physique. « Le rallye des actions de robotique reflète le cycle de l'IA qui passe du numérique au déploiement physique », a déclaré Gary Tan, gestionnaire de portefeuille chez Allspring Global Investments. « “L'IA physique” émerge comme la prochaine étape du commerce de l'IA. » La hausse a été déclenchée par des accords concrets. LG Electronics serait en discussion avec Nvidia Corp. sur un partenariat pour un robot humanoïde, propulsant ses actions vers un nouveau plus haut de 52 semaines et portant son gain sur un mois à près de 80 %. Fanuc, le plus grand fabricant mondial de robots industriels, a annoncé qu'il intégrerait l'IA Google Gemini d'Alphabet Inc. et la plateforme robotique Intrinsic dans son parc de 1,1 million de robots installés, ce qui a fait bondir ses actions de 16 % en cours de séance. Ce changement menace de réorganiser la chaîne de valeur de l'IA, où les fabricants de puces comme Nvidia ont capté l'essentiel de l'attention des investisseurs. Si la couche d'intelligence logicielle fournie par Google et le matériel spécialisé de sociétés comme Fanuc et LG s'avèrent efficaces, le marché de la modernisation de la base industrielle existante mondiale pourrait représenter une opportunité de plusieurs milliards de dollars, le marché de l'IA physique devant atteindre 15,2 milliards de dollars d'ici 2032. ## La stratégie Android pour les usines Le partenariat de Google avec Fanuc est comparé à sa stratégie Android pour les téléphones mobiles. En fournissant une couche logicielle commune — la plateforme Intrinsic — Google vise à devenir le système d'exploitation sous-jacent pour une large gamme de matériel industriel, pas seulement celui de Fanuc. Cela permet aux fabricants de mélanger et d'assortir du matériel robotique de différents fournisseurs comme KUKA et Universal Robots, tous deux partenaires d'Intrinsic, sans réécrire leur logiciel de base. L'accord avec Fanuc, avec sa base installée massive de 1,1 million d'unités, sert de « moment Samsung » pour cette stratégie, prouvant le modèle à l'échelle industrielle. Pour Fanuc, l'intégration des modèles Gemini Enterprise de Google fournit une base puissante pour sa pile d'IA physique. Cela permettra à ses robots de comprendre les instructions en langage naturel et de fonctionner de manière plus autonome dans des environnements d'usine non structurés. La firme japonaise, qui collabore déjà avec Nvidia pour la simulation à l'aide de ses plateformes Isaac et Omniverse, possède désormais une formidable pile d'IA sur deux plateformes qui combine des modèles de fondation de premier plan avec une simulation physique avancée. ## L'assaut sur deux fronts de LG Le rallye boursier de LG Electronics est soutenu par une stratégie à deux volets dans l'espace de la robotique et de l'infrastructure de l'IA. La société a dévoilé sa propre marque d'actionneurs robotiques, « LG Actuator Axium », en janvier, tirant parti de ses décennies d'expertise en technologie de moteurs issue de sa division d'appareils électroménagers. Les actionneurs sont des composants critiques qui fonctionnent comme les muscles et les articulations d'un robot, et le marché anticipe que LG deviendra un fournisseur clé, avec des ventes externes prévues pour l'année prochaine. Au-delà des composants, LG accélère la commercialisation de son robot humanoïde, « Cloid », avec un objectif pour 2028. La rumeur de collaboration avec Nvidia devrait être au cœur de cet effort. Par ailleurs, LG se positionne également comme un fournisseur clé pour les centres de données d'IA, effectuant apparemment des tests de qualité pour fournir des systèmes de refroidissement avancés aux grandes entreprises technologiques nord-américaines, diversifiant ainsi son exposition au déploiement plus large de l'IA. ## Une poussée pan-asiatique La tendance s'étend au-delà du Japon et de la Corée du Sud. La Chine a établi une avance précoce dans la mise en place de capacités de fabrication de robots, les robots humanoïdes locaux atteignant de nouveaux jalons. À Taïwan, les actions de Hiwin Technologies Corp., un important fabricant de composants, ont également bondi. Le sud-coréen Hyundai Motor Co. a progressé suite aux informations selon lesquelles l'armée du pays explore un partenariat pour déployer sa technologie robotique, qui comprend les conceptions de sa filiale, Boston Dynamics. Bien que l'enthousiasme des investisseurs soit palpable, la voie vers une commercialisation de masse pour la robotique avancée est complexe. « L'IA physique doit faire face à la sécurité, à la réglementation, aux usines, aux chaînes d'approvisionnement et à la confiance des clients bien plus que l'IA générative », a déclaré Charu Chanana, stratège en chef de l'investissement chez Saxo Markets. Pour l'instant, les gains boursiers intègrent le potentiel futur, et les entreprises devront relever le défi de générer des bénéfices pour justifier leurs nouvelles valorisations. Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.