La Russie capitalise sur des prix du pétrole dépassant 113 dollars le baril
La Russie retarde les ajustements prévus de son fonds fiscal dans une démarche stratégique visant à tirer parti de la flambée des prix du pétrole brut. Avec les contrats à terme sur le Brent en hausse de 0,97% à 113,3 dollars le baril et ayant brièvement touché 119 dollars, le gouvernement se positionne pour capter des revenus énergétiques plus élevés que prévu. Cette politique indique une attente officielle que les prix resteront élevés en raison des tensions géopolitiques persistantes perturbant les chaînes d'approvisionnement mondiales.
Le choc pétrolier déclenche une liquidation des marchés boursiers mondiaux
La forte augmentation des coûts de l'énergie a provoqué une onde de choc sur les marchés boursiers mondiaux alors que les investisseurs fuyaient les actifs à risque. En Inde, l'indice BSE Sensex a plongé de 1 836 points, soit 2,46%, pour s'établir à 72 696,39 points, tandis que l'indice NSE Nifty 50 a chuté de 2,60%. Les marchés européens ont connu des baisses similaires, avec des indices en Allemagne et au Royaume-Uni perdant environ 2,5%. Aux États-Unis, le S&P 500 a reculé de 0,4% et est en passe d'enregistrer sa quatrième semaine de pertes consécutives.
La liquidation s'est accompagnée d'une faiblesse monétaire dans les pays importateurs d'énergie. La roupie indienne a chuté de 50 paise pour atteindre un nouveau plus bas historique de 94,03 face au dollar américain, les investisseurs s'inquiétant de l'impact des coûts d'importation plus élevés sur l'inflation et le déficit de la balance courante.
Les craintes d'inflation refont surface et modifient les perspectives de taux
La flambée des prix du pétrole a ravivé les craintes d'inflation mondiale, modifiant considérablement les attentes en matière de taux d'intérêt. Les traders estiment désormais à près de 5% la probabilité d'une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine d'ici la fin de l'année, un net revirement par rapport à il y a seulement un mois, lorsque plusieurs baisses étaient anticipées. Ce sentiment a poussé le rendement du Trésor américain à deux ans à 3,81%, son plus haut niveau depuis l'été, signalant que les coûts d'emprunt devraient rester élevés.
La pression est particulièrement forte pour les sociétés de commercialisation du pétrole (OMC). Selon Morgan Stanley, les détaillants de carburant indiens pourraient faire face à des pertes mensuelles de 1,5 milliard de dollars avec un Brent à 107 dollars le baril. Bien que les entreprises aient augmenté les prix des carburants premium d'environ 2,3 roupies par litre dans certaines régions, ces mesures ne couvrent qu'une petite fraction de la consommation, signalant un potentiel de hausses de prix plus larges ou d'intervention gouvernementale.