La Fed maintient son taux directeur à 3,75% alors que l'inflation persiste
La Réserve fédérale maintient fermement son taux directeur dans une fourchette cible de 3,5% à 3,75%, les décideurs étant confrontés à une inflation qui reste plus persistante que prévu. Cette décision fait suite à un rapport "chaud" sur l'indice des prix à la production de février et à des marchés de l'énergie volatils, qui ont vu les contrats à terme sur le pétrole Brent grimper au-dessus de 109 dollars le baril. Cet environnement a contraint la banque centrale à maintenir sa position restrictive, même si son propre "dot plot" suggère qu'une réduction potentielle des taux pourrait avoir lieu en 2026.
La prévision est que nous allons progresser sur l'inflation, pas autant que nous l'espérions, mais une certaine progression.
— Jerome Powell, Président de la Réserve fédérale.
Le salaire minimum ne couvre pas les loyers dans aucun État américain alors que la crise s'aggrave
Le dilemme politique de la Fed est aggravé par une crise de l'abordabilité qui s'approfondit à travers le pays. Pour illustrer clairement le problème, il n'y a pas un seul État ou comté aux États-Unis où un travailleur à temps plein gagnant le salaire minimum fédéral de 7,25 dollars par heure peut se permettre une maison de deux chambres au loyer du marché équitable. Les critiques, y compris Murray Sabrin du Mises Institute, affirment que c'est une conséquence directe de décennies de politique monétaire expansionniste de la Fed. Ils soutiennent que des taux d'intérêt artificiellement bas et une liquidité abondante ont alimenté l'inflation des actifs dans le logement, les soins de santé et l'enseignement supérieur, rendant les biens et services essentiels inaccessibles à de nombreuses personnes.
Les analystes prévoient deux baisses de taux à 3,25% en 2026
Malgré le ton prudent de la banque centrale, certaines institutions financières prévoient une voie vers un assouplissement monétaire. Les analystes de QNB prévoient que la Fed effectuera deux réductions de taux d'intérêt supplémentaires en 2026, ramenant le taux directeur à 3,25% d'ici la fin de l'année. Cette perspective repose sur l'idée que les chocs inflationnistes actuels liés à l'offre sont temporaires et seront compensés par des tendances déflationnistes plus importantes.
L'analyse de QNB postule qu'un affaiblissement du marché du travail, associé à la modération continue des coûts du logement, fournira à la Réserve fédérale des justifications suffisantes pour abaisser les taux. Le rapport de la banque note également que l'impact des prix de l'énergie plus élevés est limité, car l'énergie et les transports représentent collectivement seulement 12,8% du panier de l'indice des prix à la consommation aux États-Unis, donnant à la Fed la flexibilité de ne pas tenir compte des augmentations de prix dues aux matières premières.