CIFI prévoit jusqu'à 9 milliards de yuans de perte d'exploitation pour 2025
CIFI Holdings Group a révélé des perspectives sombres pour ses opérations principales, prévoyant une perte d'exploitation attribuable aux actionnaires comprise entre 7,5 milliards et 9 milliards de yuans pour l'exercice se terminant le 31 décembre 2025. L'annonce, faite le 16 mars, révèle les profonds défis auxquels est toujours confronté le promoteur immobilier chinois, malgré les efforts récents pour renforcer son bilan. La société a attribué la perte opérationnelle attendue à une forte baisse des revenus, causée par un nombre réduit de projets immobiliers achevés disponibles à la vente, et à la diminution des marges brutes résultant de la persistance de la récession du marché.
Cette faiblesse sous-jacente est masquée par un bénéfice net projeté de 17 milliards à 19 milliards de yuans pour la même période. Cependant, ce bénéfice ne provient pas des ventes immobilières, mais est le résultat direct d'un gain comptable ponctuel d'environ 40 milliards de yuans issu de sa restructuration de dette offshore, achevée le 29 décembre 2025. Le contraste frappant entre le bénéfice comptable et la perte opérationnelle principale indique que l'ingénierie financière n'a pas résolu l'érosion fondamentale de l'activité.
La crise immobilière chinoise continue d'affaiblir les promoteurs
Les difficultés de CIFI sont symptomatiques d'une crise sectorielle qui sévit en Chine depuis que Pékin a introduit sa politique de levier des « trois lignes rouges » en 2020. Le ralentissement prolongé a piégé même les acteurs les plus importants, conduisant à la liquidation judiciaire de China Evergrande Group et plaçant des entreprises financièrement résilientes comme China Vanke sous une pression de dette sévère. Les problèmes fondamentaux de la baisse des ventes, de la diminution de la valeur des propriétés et de la faible confiance des acheteurs continuent de décimer les revenus et la rentabilité des promoteurs.
Les autres investisseurs internationaux ressentent également l'impact. CapitaLand Investment de Singapour a enregistré une perte nette de 142 millions de dollars singapouriens au second semestre 2024, principalement due à une dépréciation de 545 millions de dollars singapouriens sur ses actifs chinois. De même, City Developments Limited (CDL) a vu l'occupation engagée de son portefeuille de bureaux en Chine chuter de 58,6 % à seulement 27,6 % en 2025, soulignant l'effondrement de la demande immobilière commerciale. Ces chiffres soulignent que la situation difficile de CIFI n'est pas isolée, mais est le reflet d'une crise systémique affectant l'ensemble de l'écosystème immobilier chinois.
Les gains de restructuration n'offrent pas de solution rapide aux fondamentaux faibles
Les prévisions de CIFI démontrent que si les restructurations de dette peuvent offrir une bouée de sauvetage temporaire, elles ne résolvent pas le problème fondamental du manque d'activités commerciales rentables. Pour les investisseurs, l'enseignement clé est la nécessité de regarder au-delà des chiffres de bénéfices affichés, qui peuvent être fortement faussés par des événements financiers ponctuels. La santé d'un promoteur immobilier dans le climat actuel dépend de sa capacité à générer des flux de trésorerie opérationnels, un indicateur où CIFI et ses pairs continuent de montrer une faiblesse significative.
Bien que Pékin ait commencé à assouplir les politiques restrictives, comme l'abandon effectif des « trois lignes rouges », les analystes avertissent que la reprise du marché sera lente. Les avantages de tout soutien politique prendront un temps considérable pour se traduire par une amélioration des ventes et des fondamentaux plus solides. Pour l'instant, le secteur immobilier chinois reste un environnement à haut risque où même les entreprises restructurées sont confrontées à un chemin difficile vers une rentabilité durable.