Citigroup est sous surveillance pour avoir embauché Vis Raghavan avec un package de 52 millions de dollars, une décision intervenue seulement trois jours après que JPMorgan Chase l'a poussé vers la sortie suite à des années de plaintes concernant son comportement.
Le porte-parole de Raghavan a nié les descriptions de son style de management comme consistant à « saisir les gens par les tripes », selon un rapport du Financial Times détaillant les allégations.
La controverse porte sur le fait que Citigroup présente cette embauche comme le débauchage d'un talent de premier plan, sans divulguer aux actionnaires que JPMorgan avait déjà informé Raghavan qu'il n'avait plus d'avenir au sein de la firme après plusieurs examens internes et une réduction de salaire liée à son comportement.
Cette embauche soulève d'importantes questions sur la gouvernance d'entreprise et la culture de Citigroup sous la direction de la PDG Jane Fraser, d'autant plus que Raghavan est désormais perçu comme un successeur potentiel, une perspective qui, selon d'anciens collègues interrogés par le Financial Times, les a alarmés.
Une carrière illustre ternie par la controverse
Raghavan, négociateur chevronné ayant passé plus de deux décennies chez JPMorgan, a joué un rôle déterminant dans la construction de la domination de la banque en Europe. Il a gravi les échelons pour devenir le seul responsable de la banque d'investissement mondiale, connu pour son style percutant. Cependant, selon le rapport du FT, ce style incluait des réprimandes envers le personnel, qualifié de « perte de calories », et la création d'une atmosphère de « harcèlement » ayant conduit à plusieurs enquêtes internes. Des collègues ont rapporté que des banquiers seniors s'étaient inquiétés, certains menaçant de démissionner à cause de son style de gestion, faisant remonter les plaintes jusqu'aux hauts dirigeants, dont le PDG Jamie Dimon.
Les questions de culture s'accumulent chez Citigroup
L'embauche de Raghavan intervient alors que Citigroup fait face à d'autres défis concernant sa culture d'entreprise. La banque combat actuellement une plainte d'une cadre alléguant un harcèlement sexuel, qui a décrit l'unité d'enquête interne de la firme comme un « peloton d'exécution » exerçant des représailles contre les lanceurs d'alerte. Bien que Raghavan soit crédité d'avoir boosté les performances de la division banque d'investissement de Citigroup et d'avoir attiré des talents de rivaux comme Goldman Sachs depuis son arrivée, les conditions de son recrutement mettent en lumière la diligence raisonnable de la banque et son engagement à favoriser un environnement de travail positif. Citigroup a déclaré avoir embauché Raghavan après une « vérification interne approfondie », mais ces révélations jettent une ombre sur cette nomination.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.