BYD Co. (01211.HK) s'associe à KFC en Chine pour construire un réseau de stations de recharge de véhicules électriques en « 9 minutes » dans les drive-in du géant de la restauration rapide, une initiative qui contre directement le déploiement des Superchargeurs de Tesla, plus lents et de plus grand format.
« Les deux parties mèneront une collaboration approfondie sur l'ensemble de la chaîne, axée sur la technologie de charge flash, le cockpit intelligent et le service drive-in de KFC », a déclaré l'entreprise dans un communiqué.
Le partenariat vise à créer un écosystème de « réapprovisionnement énergétique unique pour le véhicule et le conducteur en 9 minutes » en intégrant les bornes de recharge flash de BYD dans le réseau national de drive-in de KFC. BYD a activé sa 5 000e station de recharge flash publique en mars, certaines bornes individuelles étant capables d'un taux de charge de 1 500 kW à partir d'une armoire de 2,1 MW, dépassant de loin le maximum de 500 kW des nouveaux Superchargeurs V4 de Tesla.
Cette collaboration tire parti de lieux de consommation à forte fréquentation pour répondre à l'anxiété liée à l'autonomie des véhicules électriques et au temps de charge, un facteur critique sur le marché hyper-concurrentiel des VE en Chine. Pour BYD, dont les actions cotées à Hong Kong ont récemment baissé de 1,4 %, cet accord offre un canal à bas coût et à haute visibilité pour étendre son infrastructure de recharge et créer un rempart concurrentiel basé sur la commodité.
L'histoire de deux stratégies de recharge
Ce partenariat met en lumière une divergence croissante dans la stratégie d'infrastructure des VE entre les deux géants de l'automobile. L'approche de BYD repose sur la vitesse et la modularité. Ses bornes de recharge palettisées avec batterie tampon peuvent être installées en moins d'une semaine avec un équipement minimal. L'entreprise a installé 5 000 stations rien qu'en mars et prévoit de mettre en service 1 000 stations sur les aires de repos d'autoroute avant les vacances du 1er mai.
Tesla, en revanche, déploie des unités plus grandes de 8 bornes pré-assemblées qui nécessitent un équipement lourd pour l'installation. Bien que son réseau américain soit étendu avec plus de 36 000 bornes, la puissance maximale de 1,2 MW de ses nouvelles armoires V4 est partagée entre les bornes, ce qui ralentit la vitesse de charge par véhicule lorsque la station est occupée. Une seule borne BYD, avec son armoire dédiée de 2,1 MW, peut charger plus de véhicules par heure qu'une installation Tesla complète de 8 bornes.
La course aux infrastructures s'intensifie
Le choix stratégique est fortement influencé par le contexte national. En Chine, où davantage de personnes vivent en appartement et dépendent de la recharge publique, et où des millions de nouveaux VE capables d'une recharge en 5 à 9 minutes seront vendus cette année, la vitesse et la commodité sont primordiales. Le réseau de BYD est conçu pour cette réalité émergente.
Le partenariat avec KFC est un pari stratégique pour intégrer la recharge des VE dans la vie quotidienne, la rendant aussi courante que l'achat de fast-food. Ce modèle, s'il réussit, pourrait établir une nouvelle norme mondiale pour l'infrastructure des VE, défiant directement le modèle de recharge à destination prôné par Tesla et mettant la pression sur les concurrents pour sécuriser des partenariats de vente au détail similaires à haut volume. BYD prévoit déjà de déployer 3 000 stations de recharge flash similaires en Europe d'ici la fin de l'année.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.