La hausse de 2% du dollar qualifiée de « piège à haussiers »
Les stratèges de Morgan Stanley conseillent à leurs clients que le récent rebond du dollar américain est probablement un « piège à haussiers ». Depuis le début de la guerre en Iran, l'indice Bloomberg Dollar a grimpé de 2% pour atteindre son plus haut niveau depuis décembre dernier. Selon une équipe dirigée par David Adams, le marché a correctement intégré les risques inflationnistes liés à la hausse des prix de l'énergie, mais a dangereusement sous-estimé l'effet néfaste du conflit sur la croissance économique mondiale.
Cette dynamique a pénalisé les devises des régions importatrices d'énergie, l'euro et le yen japonais ayant tous deux chuté de plus de 2% par rapport au dollar. Morgan Stanley considère cette divergence comme insoutenable, arguant que l'attrait du dollar en tant que valeur refuge diminuera à mesure que les implications négatives du conflit sur la croissance deviendront un thème mondial dominant.
Wall Street fait écho aux craintes de stagflation
L'avertissement de Morgan Stanley s'inscrit dans un chœur croissant de préoccupations à Wall Street. JPMorgan a récemment réduit son objectif pour le S&P 500, citant des risques similaires alors que le Brent a dépassé les 110 dollars le baril. La banque a averti que les investisseurs ne prenaient pas suffisamment au sérieux le risque des coûts énergétiques plus élevés, en particulier leur potentiel à paralyser les dépenses de consommation, qui représentent environ 70% de l'activité économique américaine.
Cette combinaison d'inflation croissante et de croissance ralentie a fait resurgir les craintes de stagflation, un environnement économique difficile pour les décideurs politiques. Catherine Mann, économiste en chef de Citigroup, a souligné le risque d'un « scénario cauchemardesque » pour les banques centrales, qui sont confrontées à un arbitrage difficile entre le contrôle de l'inflation et le soutien à une économie affaiblie. Ce sentiment a été repris par le stratège en chef de Morgan Stanley, Mike Wilson, qui a noté que les valorisations actuelles du marché ne reflètent pas les véritables risques d'une tension géopolitique prolongée.
Les analystes envisagent un retournement à mesure que les inquiétudes concernant la croissance augmentent
Le cœur de la thèse baissière de Morgan Stanley sur le dollar est que l'impact négatif du conflit sur la croissance ne sera pas limité à l'Europe et au Japon. À mesure que le ralentissement économique s'intensifiera à l'échelle mondiale, les attentes concernant les écarts de taux d'intérêt entre les États-Unis et d'autres grandes économies sont susceptibles de se réduire, supprimant un soutien clé à la force récente du dollar.
La volatilité du marché souligne ce sentiment fragile. Les récentes sessions ont vu de fortes fluctuations des actions et des prix du pétrole basées sur des rapports non confirmés de pourparlers diplomatiques. Cette sensibilité suggère que la conviction derrière le rebond du dollar est mince et très susceptible à un retournement alors que les investisseurs sont contraints de réévaluer les risques de croissance économique sous-estimés.