L'avertissement de la Première ministre sur les hausses de taux met la pression sur la politique de la Banque du Japon
La Première ministre Sanae Takaichi a exercé une nouvelle pression politique sur la banque centrale japonaise, exprimant une préoccupation explicite concernant de nouvelles hausses de taux d'intérêt lors d'une récente réunion avec le gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda. Selon un rapport du Mainichi Shimbun citant des sources anonymes, la position de Takaichi a été décrite comme « clairement plus ferme » que lors de sa précédente réunion avec le gouverneur en novembre dernier, signalant un niveau accru d'appréhension politique concernant le resserrement monétaire.
En réponse, le gouverneur Ueda a tenté de réaffirmer l'indépendance de la banque centrale, déclarant que Takaichi n'avait fait aucune demande spécifique concernant la politique. Cependant, le rapport faisant état d'un désaccord gouvernemental de haut niveau injecte une nouvelle couche de complexité politique dans le processus de prise de décision de la BoJ, compliquant sa trajectoire de normalisation de la politique monétaire.
Le yen chute de 0,85 % alors que les paris sur les hausses de taux se défont
Le marché des devises a réagi rapidement à la nouvelle d'une potentielle ingérence politique. Le dollar américain a bondi de 0,85 % contre le yen japonais alors que les traders réévaluaient la probabilité d'une hausse des taux de la BoJ à court terme. Ce mouvement reflète une érosion directe de la confiance dans la capacité de la banque centrale à resserrer sa politique si le gouvernement s'y oppose activement.
Le marché obligataire a reflété ce sentiment. Les rendements de la dette publique japonaise ont diminué, signalant que les investisseurs s'attendent à ce que les taux restent plus bas plus longtemps. Le rendement des obligations d'État japonaises à deux ans a chuté de 3,5 points de base pour atteindre 1,215 %, tandis que le rendement à cinq ans a diminué de 4 points de base pour s'établir à 1,565 %. Ces changements indiquent que les paris sur un cycle de resserrement agressif sont en train de se défaire, influençant directement les prix des actifs.