Les importations de brut vénézuélien dépassent 280 000 barils/jour pour contrer le choc de l'approvisionnement
Les importations américaines de pétrole vénézuélien ont grimpé à plus de 280 000 barils par jour en février, le volume le plus élevé en plus d'un an. Cette résurgence fournit un nouveau flux d'approvisionnement essentiel pour le marché mondial, qui est aux prises avec la fermeture du détroit d'Ormuz suite aux frappes américano-israéliennes sur l'Iran. Le chiffre d'importation de février est le plus important depuis décembre 2024, lorsque les expéditions avaient dépassé 300 000 barils par jour.
Cet afflux fait suite à un changement géopolitique majeur qui a vu la destitution de l'ancien président Nicolás Maduro, permettant un commerce renouvelé. Ces cargaisons sont détournées de leurs destinations précédentes, en particulier la Chine, où les exportations vénézuéliennes ont culminé à 620 000 barils par jour en 2025 avant de s'épuiser complètement. L'approvisionnement s'écoule désormais également vers l'Europe, l'Espagne ayant reçu 106 000 barils par jour en février, son niveau le plus élevé en un an et demi.
Les actions des raffineries gagnent jusqu'à 14 % alors que le pétrole vénézuélien fait pression sur les concurrents
La disponibilité du pétrole brut lourd et visqueux du Venezuela est un avantage financier considérable pour les raffineurs de la côte du Golfe des États-Unis, dont les installations sont spécifiquement conçues pour le traiter. Les perspectives améliorées ont fait grimper les actions des principaux opérateurs au cours du mois dernier, Valero Energy gagnant 14 %, Marathon Petroleum augmentant de près de 13 % et Phillips 66 de 6,5 %. Ces entreprises peuvent désormais se tourner vers une source de brut plus rentable, car les qualités de pétrole lourd d'autres fournisseurs sont devenues plus chères.
Ce nouvel approvisionnement a déjà un impact sur le marché des qualités concurrentes. La décote moyenne pour le brut lourd canadien s'est élargie, passant de 4,27 $ le baril en 2025 à 8,29 $ le baril en janvier, signalant une pression sur les prix des barils provenant des États-Unis, du Canada et du Mexique. Alors que les foreurs américains sont confrontés à une nouvelle concurrence pour la part de marché intérieure, les opérateurs de raffineries voient une opportunité de réduire les coûts d'intrant et d'augmenter les marges.
Les États-Unis poussent à un investissement de 100 milliards de dollars pour relancer le secteur pétrolier vénézuélien en difficulté
Pour assurer un approvisionnement stable à long terme et tempérer les prix mondiaux du pétrole, la Maison Blanche encourage les producteurs de pétrole américains à investir 100 milliards de dollars au Venezuela. La production du pays s'est effondrée, passant de 3 millions de barils par jour dans les années 1990 à seulement 900 000 barils par jour en raison d'années de sous-investissement. Cependant, les grandes entreprises comme Chevron restent prudentes, citant la nécessité de garanties de sécurité et de réformes juridiques avant de s'engager dans des capitaux à grande échelle.
À court terme, le Venezuela dispose de 30 à 50 millions de barils de pétrole en stockage, offrant un tampon substantiel pour répondre à la demande d'exportation. Pour les raffineurs, l'incitation économique est claire.
Si vous pouvez l'importer de 10 à 15 $ [le baril] en dessous du prix de référence du pétrole, vous devriez essayer d'en faire autant que possible.
— Denton Cinquegrana, analyste pétrolier en chef chez OPIS.